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Méphistophélès ~ Amusons-nous ensemble ♥

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Message Sujet: Méphistophélès ~ Amusons-nous ensemble ♥ Mer 31 Juil 2013 - 21:48

« L'éternité est une tragédie sans fin. »
Méphistophélès
« Tyki Mikk © D Gray Man»


Nom : Gray.

Prénom: Dorian.

Date de naissance: Qu'as-tu à m'offrir en échange de ce secret ?

Age: Devine ♥

Lieu de naissance: Chaos.

Sexe: Mâle.

Race: Démon.

Rôle: Joueur Insatiable. Éternel Spectateur. Diable d'Aristocrate.    

Sexualité: Tant qu'on s'amuse...


“ Le Caractère



[font=Georgia][color=black]
Certaines choses ne peuvent être appréhendées. Certaines anomalies sont si exceptionnelles qu’on est incapable de les définir ou de les nommer. La psychologie de Méphistophélès fait partie de ces casses têtes auxquels il ne vaut mieux pas se frotter. Pourtant comme tous les démons, il ne cherche qu’à trouver le moyen d’occuper le temps illimité qui lui est accordé. La seule différence étant qu’il craint l’ennuie plus que n’importe lequel d’entre eux. En prenant du recul et en l’observant traverser les époques on arrive vite à la conclusion que la moindre de ses actions tend simplement vers le divertissement. Mais pour tout être qui croise la route du diable ponctuellement, pour toutes ces personnes qui ne font que passer dans sa vie, il est totalement impossible de comprendre sa façon d’être et d’agir. Pour un esprit étranger au sien, Méphistophélès paraît irrationnel, fourbe et illogique. Il peut aussi ben être le plus sadique des démons que le plus généreux des anges en fonction de la situation. Tout dépend l’impact de son comportement sur les événements et « l’amusement » qu’il pourra en tirer.

Il est totalement vain d’essayer de prévoir la moindre de ses actions ou même tenter de deviner pourquoi il agit de la sorte. Même en imaginant qu’il ne recherche que le plaisir du jeu, il arrive parfois que son instinct ou sa curiosité prenne le dessus. Ces trois facteurs n’entrent jamais en conflit lors de la prise de décision, une fois encore tout dépend de la situation. Ainsi Méphistophélès est un être divisé entre sa nature et ses désirs, bien souvent opposés. Et c’est ce qui fait toute son originalité car il est capable de maîtriser ses pulsions démoniaques si le jeu lui parait plus intéressant. Lorsqu’il passe un pacte par exemple, il propose toujours une issue de secours à ses « clients » s’ils parviennent à lui faire oublier l’ennuie de son immortalité. Très peu y parviennent, mais il arrive parfois que des perles rares sortent du lot et échappe à une fin tragique en remplissant cette part du contrat.

Le choix même des hommes à qui il rendra service se fonde sur leur potentiel divertissant. Le démon n’est pas du genre à frayer avec les mortels ennuyeux et banals qui n’ont ni ambition démesurées, ni espoirs insatiables, ni désirs refoulés. Il aime à s’accoquiner avec ceux qui voient les choses en grand, ceux qui donneraient tout pour obtenir l’objet de leur convoitise, ceux qui veulent vivre leurs rêves les plus fou et regrettent de ne pas avoir su profiter de tout. Ces êtres, il aime exaucer chacun de leurs souhaits pour qu’ils connaissent enfin le bonheur, avant de tout balayer d’un revers de main et reprendre le centuple de ce qu’il aurait donné. Méphistophélès est un mordu de tragédies qui se plait à rendre les gens heureux pour que leurs souffrances n’en soient que plus fortes. C’est un jeu sadique qui donne du goût aux âmes de ses victimes… une sorte de recette spéciale qui en fait des mets exquis à coup sûr.

La faiblesse du diable reste toutefois son obsession des humains qui le pousse à rester parmi eux depuis des temps immémoriaux. L’âge a poussé le vice tellement loin qu’il en vient aujourd’hui à se fondre parmi eux et s’amuser à vivre dans l’illusion qu’il est l’un des leurs. Ses pouvoirs alliés à un jeu d’acteur parfait lui permettent donc de prendre le rôle d’un riche héritier aux mœurs dissolues,  un illusionniste facétieux, ou encore un altruiste gamin des rues. C’est ainsi qu’il provoque les rencontres avec d’éventuels futurs victimes et se joue de la lassitude qui l’habite perpétuellement.


“ Le Physique



[font=Georgia][color=black]

Il y a de délicieuses tentations dont on ferait mieux de se garder, tout comme il existe des beautés dont il vaut mieux se méfier. Derrière l’esthétique sont bien souvent cachés les secrets les plus noirs,  mais l’homme est ainsi fait qu’il se laisse facilement duper par ses sens au lieu d’écouter sa raison. Méphistophélès le sait depuis le début et c’est pourquoi il met un point d’honneur a soigné son apparence. Lorsqu’on pose ses yeux sur lui la première fois, c’est toujours un choc de découvrir à quel point ce que l’on voit est fascinant. Détacher son regard devient alors une épreuve insurmontable. Dès lors, il est déjà trop tard pour échapper à l’emprise du démon, le charme hypnotique opère comme un filtre d’amour et il est bien difficile de résister au désir qu’il éveille. C’est ainsi qu’il accapare toutes les attentions, endormant le moindre des soupçons avec ses yeux captivants et gagnant la confiance de chacun avec ses sourires enjôleurs.
On oublie alors rapidement que personne ne connait ce charmant jeune homme et que sa présence aurait de quoi en inquiéter plus d’un. Le bon sens laisse place à l’enchantement de sa voix aux quelques notes cristallines, hommes et femmes sont séduits par tant d’élégance et d’attraits. Le temps s’arrête et le monde semble tourner autour de l’éphèbe qui n’est en réalité qu’un tableau sans la moindre couleur, une peinture terne et sans vie.  

Mais le diable a plus d’un visage et même si certains traits persistent d’une apparence à l’autre, des différences notables permettent d’associer à chaque physique un caractère particulier. Le majordome, c’est cet homme au regard de glace malgré la couleur chaude de ses pupilles. Ce que l’on remarque avant tout chez lui, c’est cette chevelure désordonné qui contraste avec le soin minutieux de ses vêtements. Une cascade de mèches brunes dissimule son œil droit tandis que l’autre est souligné par un délicat grain de beauté, ajoutant une touche de douceur à la finesse de ses traits. Sa peau mate tranche avec l’immaculé de sa chemise et rend sa beauté plus… exotique. Il porte toujours une cravate et ne la défaits que lorsqu’il doit montrer le sceau de son contrat Faustien : une simple étoile à quatre branches. Trop originale pour passer inaperçue, trop banal pour être associer à un pacte avec le diable, il la cache derrière son col pour éviter d’attiser les curiosités. Pourtant sur son cou repose bel et bien les stigmates de son allégeance à un humain qu’il servira comme un maître d’hôtel et vêtu de la sorte.

Il est néanmoins rare de voir Méphistophélès dans pareil accoutrement. Son tempérament instable et cette propension à la lassitude qui le gouverne, l’empêche de servir durablement les rares humains qu’il considère suffisamment exceptionnel pour nécessiter son entière attention. Son apparence de dandy est plus courante. Se faisant passer pour un jeune aristocrate du nom de Dorian Gray, réputé pour être l’homme le plus charmant de Londres malgré les rumeurs qui courent sur sa propension au libertinage. Il faut dire que le démon est terriblement attirant dans son costume trois pièces qui le fait passer pour un gentilhomme basané. Le sourire aux lèvres et une cigarette au bout des doigts, on aurait tôt fait de le confondre avec un comte ou un seigneur anglais alors qu’il n’appartient pas à la noblesse. Sa caste sociale est en fait d’une toute autre nature qu’on pourrait lire sur son front. Là, dissimulées sous sa crinière d’ébène, les marques de ses pactes avec les hommes forment une étrange couronne d’étoiles semblables à celles qu’il porte sur son cou lorsqu’il est majordome.  

Enfin, on peut aussi croiser la route de Méphistophélès sous les traits d’un enfant vagabond dont l’habit sale et usé marque sa pauvreté. Il est sage de ne toutefois pas se fier à son air innocent et sa bonté surprenante. Derrière la tignasse ébouriffée de ce gamin enjoué et affectueux patiente un prédateur plus dangereux que l’homme, un esprit machiavélique en quête d’une proie crédule qui pourrait lui servir de repas… ou pire, le divertir.



Derrière le masque




Enfaite, c'est quoi ton p'tit surnom ? A toi de trouver le bon ♪

Je vois et tu as quel âge ? 18 your highness !

Okay et c'est quoi ton niveau en RP ? 5 longues années d'errances à travers de multiples forums ...

Tu aurais pas un double compte, toi ? Nope ! Un seul me suffit ^^

Sinon, tu fais quoi dans ta vie ? Je vends du rêve ? =p

Tu as trouvé le code du règlement ? C'est exact~♪

Mais au faite, comment es-tu atterries là ? J'ai suivi le lapin blanc !

Tu es en bon terme avec Bob l'Eponge ? J'ai pris son âme quand il a arrêté de me distraire...

D'ailleurs, t'en pense quoi du forum ? T'aimerais savoir heeein ?

Tes derniers mots mon chou ? Allons prendre notre pied tous ensemble !


©Cette fiche a été conçu par Juliette pour le forum Black Deal. Tout plagiat est interdit.


Dernière édition par Méphistophélès le Lun 19 Aoû 2013 - 18:07, édité 5 fois
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Message Sujet: Re: Méphistophélès ~ Amusons-nous ensemble ♥ Mer 31 Juil 2013 - 22:58




Histoire





Prologue





Londres – XVIIIème Siècle


« Basil… c’est votre plus grand chef-d’œuvre. »

« Sans aucun doute. »

Les trois hommes semblent littéralement fascinés par ce portrait d’adonis que le prénommé Basil a fini de peindre. L’objet même du tableau, un éphèbe du nom de Dorian Gray, reste cependant silencieux.

« Parlez voyons, vous allez vexer notre artiste ! »

« Suis-je vraiment ainsi ? C’est… saisissant. »

« Aussi beau que l’original. »

« Il ressemblera toujours à cela. Mais vous Mr Gray, je crains que non. »

« Certaines choses sont précieuses parce qu’elles ne durent pas Henry. »

« Balivernes. Nous vieillissons et flétrissons car Dieu est cruel et haineux. »

« Peut-être devrais-je alors m’adresser au Diable… »

« Jeunesse et beauté éternelle en échange de votre âme ? Commerce équitable... »

« Tu ne pourrais t-y résoudre… n’est-ce pas Dorian ? »

« Si c'est le prix à payer pour rendre ce trésor immuable... je suis prêt à m'en acquitter. »

Henry sourit en entendant cette réponse, ses yeux brillaient d’une lueur vermillon et l’espace d’un instant, on eut dit qu’il avait des pupilles de serpents. Il brûla un pétale de rose avec la flamme d’une bougie et son regard anormal disparu… l’atmosphère s’était étrangement alourdit.







Chapitre I




Chaos – Date Inconnue


Le silence et l’obscurité. Les ténèbres et le néant. Chaos. L’ultime négation, le monde des ombres, le huitième royaume. Une nuit éternelle et muette, un lieu oublié de tous où ni les vivants ni les morts n’ont leurs places. Pourtant c’est dans cet endroit plus sombre que l’abîme que réside depuis sa naissance un être hors du commun. Le démon Méphistophélès vit dans cet univers stérile et inapproprié pour quelqu’un de son espèce. Ici il n’y a pas d’humains à torturer, personne avec qui passer un contrat et encore moins d’âmes à dévorer. Ici il n’y a que ce noir d’encre à perte de vue. Les sens humains sont inutiles, c’est à peine si l’on a conscience d’être en vie. Mais le diable survit depuis plusieurs années déjà, même si le temps est une notion inconnue pour lui, il subsiste grâce à son instinct démoniaque qui lui permet de se nourrir des rares créatures s’aventurant à Chaos.

Un siècle s’écoule. Un siècle à se nourrir de l’essence de ses pairs, un siècle passé dans la tourmente d’un appétit sans fin. Méphistophélès rêve d’un paradis où ses maux auraient disparus, toutefois il lui est impossible d’imaginer autre chose que la noirceur et le silence. Après-tout, il n’a jamais rien connu d’autre.

Au fil du temps, un étrange sentiment finit par germer à l’intérieur de lui. Outre l’inanition permanente, une forme de désir fugace s’est éveillée. Plus puissant que l’appétit naturel des démons, plus profond que l’instinct de survie, c’est un besoin furieux d’en finir avec la torpeur qui l’enchaîne. Il finit par prendre conscience que la léthargie dans lequel l’a plongé ce monde est le pire fléau qu’il ait connu. Jusqu’à présent, il n’avait jamais cherché à rompre avec la morosité de son univers. Il était né ici et était persuadé qu’il n’existait rien d’autre que les ténèbres. Pourquoi aurait-il cherché à quitter son monde ? Envisager la possibilité qu’il existe autre chose que ce néant immuable, représentait pour lui la plus absurde des idées.

La créature infernale ignore tout des concepts basiques d’un esprit dirigé par la logique. Pour elle, raison et folie se confonde dans les brumes de son royaume. Sa façon de penser est à l’image de ce lieu : un amalgame d’idées rassemblées en un chaos harmonieux. La fusion de toutes choses donnant naissance à leurs propres négations. Un vide total et nébuleux où se mélangent le tout et le rien. C’est dans ce désordre cohérent que va finalement naître l’idée, engendrée par sa curiosité dévorante, qu’un ailleurs plus favorable l’attendrait.

Ironie du sort, le Diable aura été sauvé des ténèbres par le sentiment le plus humain qui soit : l’espoir.








Chapitre II





Acedia – Date Inconnue


La torpeur ne t’a jamais quitté depuis ton départ du huitième royaume. Tu pensais que vivre parmi tes semblables finirait par combler ton ennui. Aujourd’hui tu es roi d’Acedia et la conquête du pouvoir fut la seule chose qui t’as vaguement distrait ces dernières années. Même la découverte de ce nouveau monde que les démons appellent « l’Enfer » n’a fait que taire un instant ta lassitude. Tu commences à envisager d’assujettir les six autres royaumes démoniaques pour t’amuser un peu. Mais au fond de toi tu sais bien que le divertissement que tu cherches ne se trouve pas ici.

Tu as entendu parler de ces êtres de la surface, ces « humains » qui fascinent tes pairs. Tu sais pertinemment que ton instinct de diable a faim de leurs âmes, mais peuvent-ils aussi vaincre ton ennui ? Tu finis par penser que visiter le monde des mortels ne sera jamais plus lassant qu’assister aux chamailleries des autres démons. Et tu imagines même, peut-être, trouver quelque chose d’intéressant à faire en surface, quelque chose qui pourrait vraiment te divertir…

La Terre est devenue ton terrain de jeu. A force de t’amuser avec les mortels, tu as perdu la notion de temps, ou peut-être ne l’as-tu jamais eu ? Quoiqu’il en soit, cela fait un moment que tu as quitté l’enfer, un peu plus de trois siècles peut-être ? Tu ne comptes plus le nombre d’âmes que tu as ingurgité, ni les drames que tu as causé par simple désir de pimenter ton éternité. Maintes et maintes fois tu as proposé tes services à des humains avides de richesses, de pouvoir ou de prestiges. Tu as couvert d’or les mendiants, offert la gloire à d’anonymes soldats et transformer des paysans en roi.

Ton périple à travers le monde a su effacer l’ennui qui s’était éveillé en toi mais à présent que tu as provoqué toutes ces « tragédies humaines » pour te distraire, ta lassitude reprends de plus belle. Certes, jouer avec les désirs des humains et réduire leurs espoirs à néant alors mêmes qu’ils croyaient réaliser leurs rêves, reste un jeu particulièrement amusant à tes yeux. Pourtant tu as progressivement développé un sentiment d’insatisfaction au fil du temps. Les âmes que tu dévores te semblent de plus en plus fade et les vies humaines qui se brisent une à une pour ton bon plaisir ne t’amusent plus autant qu’avant. Paradoxalement, tu as finis par être lassé du divertissement lui-même. Et alors que tu penses être victime d’une malédiction qui t’enchaînes à l’ennui pour toujours, alors que tu es sur le point d’accepter de vivre avec la lassitude pour l’éternité. Ton chemin croise celui du seul mortel qui te fera vivre la plus belle distraction de ton existence.








Chapitre III




Allemagne – XVème Siècle


Une ombre sillonne les ruelles mal éclairées de cette petite bourgade perdue du Harz. L’endroit est désert, propice à toutes les malhonnêtetés, mais seule la silhouette indiscernable est présente pour en tirer profit. Brusquement elle se fige face à une maisonnée pas différente de ses voisines. De la lucarne à l’étage émane la lumière vacillante d’une bougie et les sons lointains d’une discussion animée. Un papillon de nuit se pose alors sur l’épaule du mystérieux individu… qui sourit à présent.

« Ne soyez pas idiot ! Après tout ce travail accomplit, vous voudriez tout abandonner sur un coup de tête ? »

« J’ai perdu la foi Wagner, les réponses que m’apporte la science ne font qu’entraîner de nouvelles questions. Tout ceci n’est qu’un cycle infernal et sans fin... »

« La science nous a permis d’étendre nos connaissances au-delà de nos espoirs les plus fous ! La quête du savoir n’est-elle pas la finalité de nos existences ? »

« A quoi bon être sage s’il faut vivre malheureux. J’ai percé bien des mystères et remis en cause l’existence de Dieu lui-même, mais j’ai vécu toute ma vie dans l’ignorance des simples joies que peuvent nous offrir la vie. »

« Alors nous-y-sommes ? C’est la fin de notre collaboration ? Vous allez tout plaquer et finir vos vieux jours à vous lamenter ?! »

« Tu ne comprends pas… »

« Je comprends que je refuses d’assister à votre déchéance spirituelle ! Je continuerais seul puisque vous n’avez plus le courage de poursuivre mon enseignement ni votre passion. Au revoir Maître Faust. »

« Adieu Wagner… »

Le silence se fait l’espace d’un instant, puis un jeune homme énergique et à la pupille étincelante sort de la bâtisse en trombe. En dépassant l’inconnu qui se cache dans l’obscurité il ne lui lance pas même un regard, puis disparait à l’angle d’une rue. Entre temps, l’ombre s’est glissé à l’intérieur de la maison du dénommé Faust et s’apprête à lui rendre une visite à un moment visiblement mal choisis. Ce dernier étant sur le point de mettre fin à ses jours à l’aide d’une solution à base de ciguë, moyen rapide et indolore de s’en aller pour un monde meilleur.

« Quelle perte pour l’humanité… »  

L’érudit faillit en tomber de son fauteuil et il en fallut de peu que le flacon de poison ne se brise au sol, tant la surprise l’avait fait sursauter. Ses yeux se posèrent aussitôt sur le personnage sortit d’une autre époque. Vêtu d’un costume trois pièces censé apparaître seulement aux abords du dix-huitième siècle, il avait la peau mate et des yeux dorés. Bien qu’un seul soit visible puisque les cheveux noirs de l’individu recouvraient la totalité de son œil droit. Il était beau et infiniment charismatique, à tel point que le pauvre Faust ne pouvait plus détacher son regard.

« Qui… Qui êtes-vous !? Il n’y a pas d’argent à voler ici ! »

« Du calme brave homme, je ne suis pas voleur… plutôt un usurier. »

« Que voulez-vous dire ? »

« Je passais mon chemin tranquillement dehors lorsque j’ai entendu cette dispute avec Wagner, votre élève et je crois avoir la solution à tous vos problèmes. »

« L’argent ne suffira pas à rattraper une vie gâché par l’obsession scientifique. Vous perdez votre temps et gaspillez le mien ! »

« Je crains de devoir insister, ce que j’ai à offrir n’est ni l’argent ni les biens matériels. Mais bel et bien la réponse aux moindres de vos désirs. »

« Ce genre de fantasmes ne se réalisent que dans les contes pour enfant. Vous n’êtes qu’un charlatan qui tente de m’escroquer en me faisant croire à l’impossible. »

« Que pourrait m’apporter l’arnaque d’un vieil homme misérable et au bord du suicide ? »

« Venez-en au fait ! Quel est l’objet de votre venue bon sang ?! »

« Très bien… je viens vous proposer un prêt sur gage. »

« Et quelles en seront les termes ? »

« Le bonheur en échange de votre âme. »

« C’est absurde ! J’ai eu beau cherché toute ma vie, je n’ai pas trouvé l’ombre d’une âme dans le corps des hommes ! »

« C’est une chose que seules les créatures de l’au-delà sont capables de voir… »

« Mais enfin qui êtes-vous ?! »

« Je suis un Diable de prêteur sur gage ♪ »

Au bout d’une heure, l’accord était passé et l’étrange personnage entraînait alors son nouveau compagnon dans les bas-fonds du village, lui faisant vivre des plaisirs inconnus mais ô combien agréables. En une nuit seulement, l’érudit désabusé goûta aux plaisirs de l’ivresse, la luxure, la violence et même la jouissance du meurtre. Mais ce crime involontaire bien qu’étonnamment délicieux, pesait tellement sur la conscience du vieil homme qu’il se présenta à l’enterrement de sa victime…

« Tout ceci est de ta faute. Jamais je n’aurais dû me laisser séduire par tes promesses mensongères. »

« Allons, tu n’as pas besoin de te voiler la face en ma présence. Je sais que tu as pris ton pied la nuit dernière… »

« Cela ne valait pas le prix d’une vie ! »

« Tu plaisantes ? C’était le clou du spectacle ! Je ne me suis jamais autant amusé qu’hier. »

« Ta distraction personnelle ne fait pas partie du contrat. Et pour le moment je suis loin du bonheur que tu m’avais promis ! »

« Du calme Johann, l’allégresse se cache toujours là où l’on ne regarde pas. »

Sur ces mots, l’éphèbe lui indique du doigt l’une des femmes endeuillées en souriant. Faust cru défaillir. C’était la chose la plus belle qu’il lui était donné de voir, un visage angélique, deux yeux bleus comme des saphirs, des lèvres de satins et des cheveux d’or. Jeune et candide, elle alliait avec harmonie la beauté de ses traits et la tristesse de son habit. Il tomba amoureux sur le champ et compris aussitôt que son âge et sa laideur lui ôtait tout espoir de vivre la passion brûlante qui le dévorait.

« Peux-tu ensorceler le cœur d’un être ou possèdes-tu un filtre d’amour ? »

« Il m’est impossible d’agir sur les sentiments des mortels, mais je savais qu’elle te plairait. »

« Je n’ai jamais ressenti ça auparavant… mais je suis vieux et repoussant alors qu’elle semble à peine sortit du couvent ! »

« Ça en revanche, je peux y remédier. »

Par quelle diablerie avait-il pu le rajeunir et même l’embellir aux yeux de tous, Faust ne le su jamais, mais grâce à sa nouvelle apparence il put approcher l’objet de ses désirs et enfin savoir qui elle était. La réponse à son tourment le glaça d’épouvante. Celle qu’il aimait était aussi la sœur de celui qu’il avait tué et il était la cause directe de cette affliction qu’il ne pouvait supporter.

L’expression de son visage s’obscurcit brusquement et son regard se posa sur l’être à qui il avait vendu son âme. Se pourrait-il qu’il ait fomenté toute cette triste affaire dans le seul but de lui faire vivre un amour impossible ? Allait-il réellement lui offrir ce bonheur utopique qu’il espérait tant ? Ou comptait-il le torturer indéfiniment en lui faisant vivre successivement joies et désillusions ?
L’apollon lui adressa un sourire terrifiant avant de disparaître derrière un saule pleureur. Faust sentit un long frisson parcourir son échine. Son sang venait de se glacer et il avait un très mauvais pressentiment…








Chapitre IV





Allemagne – XVème Siècle


Des semaines plus tard, tu ne t’es toujours pas séparé de ton précieux acolyte. C’est d’ailleurs la première fois pour toi que tu considères un humain comme autre chose qu’un passe-temps où un repas. Cela ne semble pas vraiment te choquer, après tout Faust n’est pas comme les autres, son âme à lui est resté pure toute sa vie et ses désirs sont loin des ambitions habituelles. Il ne veut ni la gloire, ni le pouvoir, ni la richesse. Son seul souhait est de vivre heureux et c’est sûrement ce qui lui a permis de subsister jusqu’à maintenant...

Car jusqu’à aujourd’hui, tu n’as fait que mettre en place les éléments qui devait le mener au bonheur, sans lui offrir réellement la véritable joie qu’il attend depuis longtemps déjà. Mais il est temps à présent d’entamer le dernier acte de cette tragédie et la première scène se joue dans cette même rue où tout à commencer il y a bien longtemps…

« Elle est enceinte. »

« Qu… Comment ça ?! »

« Tu m’as bien compris, elle porte ton enfant Johann. »

« Mais… c’est seulement depuis la nuit dernière que… Comment peux-tu déjà le savoir ? »

« Oublierais-tu ma nature ? »

« … pourquoi m’en parles-tu maintenant ? »

« Qui sait ? Je voulais juste voir ta réaction, je t’avoue être un peu déçu. Et à la fois ravies de voir que tu restes aussi imprévisible qu’au premier jour ! »

« Cesse de t’amuser et dis-moi ce que tu caches derrière ta complaisance hypocrite. »

« Dans environ neuf mois ta fille va naître. Ce sera le plus beau jour de ta vie mais également le bonheur que je t’ai promis… »

« C’est une fille… »

« Johann Faust, je prendrais ton âme à la naissance de ton enfant ! »

A quoi bon insister, tu comprends vite que son esprit s’est fermé à toute contrariété en apprenant cette merveilleuse nouvelle. Ta petite conspiration a échoué. Faust ressent une joie indicible que même l’annonce de sa mort imminente n’a pas suffi à éclipser. C’est ton premier échec, la première fois où tes manipulations sont sans effets. Il a remporté cette bataille et pourtant tu gardes ton sang-froid, car de toute façon… tu as remporté la guerre avant même de l’avoir livrée. Un sourire se dessine sur ton visage et tu laisses Faust rentrer chez lui. Ce soir il pourra fêter cette nouvelle sans l’angoisse de ta présence morbide…

« Bonsoir Wagner… »

« Maître ?! »

« Je vois que la fin de notre association t’as beaucoup affecté… tu empestes l’alcool ! »

« Je… je croyais ne jamais vous revoir. »

« Je me suis réveillé Wagner. J’ai finis par prendre conscience de la vérité qui se cache derrière la science. »

« Quelle est-elle maître Faust ? »

« … elle doit nous permettre d’égaler Dieu. »

L’apprenti scientifique écarquille les yeux alors que les tiens étincèlent sous l’apparence que tu as usurpé. Tout comme son mentor, Wagner est sur le point de tomber dans le piège que tu lui réserves et tu jubiles intérieurement à l’idée que l’érudit ait été aussi facile à tromper que le novice. Le reste de la nuit, tu la passeras avec ce jeune imbécile qui boit tes paroles comme si c’était celles du messie. Cette emprise que tu as sur lui, ce venin que tu aimes distiller dans son esprit, tout cela te rappelle ces autres mortels que tu as brisé avec tes jeux sadiques, ces âmes innombrables que tu as dévoré et qu’aujourd’hui tu trouves fades. Tu réalises alors que cet homme te dégoûte et qu’il te tarde de goûter à l’âme de Faust. Mais le moment n’est pas encore venu.

Les mois passent et cela fait longtemps que tu en as finit avec Wagner. Tu t’es vite lassé de lui et avant même que ta sombre machination ne soit terminé, tu savais déjà quelle fin dramatique lui était réservé. Elle devait d’ailleurs marqué le point culminant de ce dernier acte…

« Encore à rôder dans les parages ? »

« Les rues ne sont pas sûr en ce moment… »

« Elles ne le sont plus depuis ton arrivée. »

« Il y a un tueur en ville. »

« Je sais… Wagner en est la première victime, un cannibale d’après l’état de son cadavre. Les villageois sont terrorisés et pensent qu’il s’agit du diable en personne. Ironique n’est-ce pas ? »

« Je ne mange pas les humains. Juste leurs âmes. »

« Et bien je supposes que je n’ai rien à craindre du Diable si mon démon protecteur veille sur moi ! »

« C’est la raison de ma présence. Je surveille mes intérêts. »

« Comme c’est charmant… tu peux me laiss… »

« Quelque chose ne va pas. Attend-moi là. »

« Ne me dis pas que… »

Tu n’écoutes déjà plus. Ton corps tout entier s’est crispé en respirant ce parfum de mort qui émane de la bâtisse. Ton instinct de démon a déjà résolu cette énigme avant même d’avoir été témoins du crime. Tu as déjà deviné ce qui ce trame dans la maison de Faust, une poignée de secondes plus tard, tu es face à l’une de ces scènes qui effraient tant le commun des mortels. Mais toi tu ne cilles même pas, tu te contentes de savourer l’odeur du sang et de la chair humaine, tu admires le spectacle d’un agneau qu’on égorge, d’un loup qui dévore. Faust apparait alors dans ton dos, rompant avec sa présence ce moment hors du temps qui te faisait exalter. Tu chasses vivement le plaisir qui te gagnait jusqu’alors, ton sourire dément disparait derrière une expression glaciale. Ton regard se pose sur le monstre responsable d’un tel carnage.

Homoncule, l’être humain artificiel que tu as créé avec Wagner. Une erreur de la nature volontaire. Une créature anthropomorphique dénuée de conscience, animé seulement par le besoin de se nourrir… d’hommes. Tu avais l’intention de l’utiliser pour massacrer la famille de Faust le jour où son enfant naîtrait, afin de lui faire vivre une souffrance équivalente à la joie que tu lui aurais offert en lui donnant l’occasion d’être père. C’est ainsi que tu avais prévu de jeter le rideau sur la plus grande tragédie de ton répertoire. Les choses devaient se finir en apothéose, mais cette vulgaire imitation de l’homme avait tout gâché en massacrant la femme de ta proie. Elle venait de faire disparaître tes chances de goûter à la perfection d’une âme suppliciée par la perte du bonheur véritable. C’était comme si ton chef-d’œuvre avait été anéantis par la plus misérable de tes créations.

Un éclair de folie jaillit dans tes yeux avant que tu ne t’évapores. L’instant suivant, le corps difforme de l’Homoncule s’écrase lourdement sur le sol alors que Faust prend dans ses bras le cadavre de sa femme. Toi pendant ce temps, tu nettoies ton gant souillé du sang noir de la bête, tout en observant le vol irréel de sa tête décapitée. La situation te parait tellement ridicule à présent, que tu faillis en rire ostensiblement. Mais l’odeur d’une âme putréfiée t’ôte soudain l’euphorie qui t’habite. Le charognard arrive pour se nourrir de la mort. Alors que l’ange du trépas pénètre dans la chambre rougie par le sang, tu saisis son bras et le stoppe avec  la force d’un titan.

« Ôte tes sales pattes démon. Tu ne m’empêcheras pas de faire mon job. »

« J’ai besoin de cette femme pour remplir mon contrat… »

« Cet âme ne t’appartiens pas, hors de mon ch… »

Tes pupilles se dilatent et tes yeux prennent une lueur pourpre, le Shinigami comprend trop tard à quel point tu es déterminé. Ton coude s’enfonce dans son estomac, ton genou frappe ensuite son poignet pour lui arracher sa Death Scythe avant que ta main libre ne la retourne contre lui. Un parfum ignoble s’échappe soudain du corps du Dieu des Morts, l’odeur de son sang glacé, de son âme sans vie qui s’écoule le long de la plaie. Tu ne peux supporter plus longtemps ce supplice et tu mets un terme à la présence du faucheur en le projetant par la fenêtre d’un puissant coup de pied. Cela ne suffira sûrement pas à l’éliminer définitivement, mais tu as gagné suffisamment de temps pour t’occuper de la mourante. En faisant vite tu pourras peut être sauvé l’enfant.

Faust est effondré auprès d’elle, il est tellement choqué que ta démonstration de force est totalement passé inaperçu. Rien ne semble pouvoir détacher son attention de sa bien-aimée qui meurt. Il te supplie de la sauver mais un regard suffit pour comprendre qu’elle est condamnée, sans un mot tu t’agenouilles devant cette femme autrefois magnifique qui éructe des flots de sangs en te lançant un regard paniqué. Elle ne voit plus que des ombres et la tienne semblent particulièrement l’effrayer. Peut-elle voir ta vraie nature à présent que les portes de l’au-delà lui sont ouvertes ? Tu poses une main sur son visage et ses paupières se ferment doucement. Son mari se fige en voyant sa poitrine qui cesse de se soulever. Tu profites de son état de choc pour plonger tes mains dans le ventre de la défunte. Tes pouvoirs démoniaques te permettent de rendre intangible n’importe quelle matière mais jamais tu n’aurais imaginé t’en servir un jour pour donner naissance à un être humain. Tu sens cette chose qui vie dans le creux de ta paume  alors que tu l’arraches à une mort certaine et tu fais un effort démesuré pour ne pas céder à la tentation de l’écrabouiller entre tes doigts. Tu retires le fœtus du cadavre avec ta main droite et te charges de sortir le placenta avec ta main gauche.

Après des siècles passés parmi les hommes tu as depuis longtemps compris qu’un nouveau-né prématuré ne peut survivre sans cette chose immonde qui est censée le nourrir. Mais cela ne suffira pas, tu dois agir rapidement et trouver à présent quelque chose pour lui tenir chaud, tu choisis d’arracher les vêtements de sa mère et de le couvrir avec le tissu. Jusqu’à présent le bébé a survécu miraculeusement, pourtant tu ne l’entends toujours pas crier. Inquiet tu lances un regard à Faust qui fixe avec émerveillement son enfant. Quelque chose de pointu et douloureux traverse soudain ta gorge et une force incroyable cloue ta tête sur le sol. Tu craches une dose massive de sang et réalises que ce qui te perfores la nuque et te maintiens à terre n’est autre que la fourche du Shinigami. Comment a-t-il pu s’en remettre aussi vite ?!

« Ne te démènes pas trop douce ignominie... même les opprobres de ton espèce ne peuvent survivre aux Death Scythe. »

Une plume immaculée se pose doucement sur la flaque de sang qui s’est formé devant tes lèvres et tu compris alors que cette voix n’appartient guère au faucheur... Une vague d’excitation déferle dans tout ton corps provoquant une semi-extase que tu as du mal à refouler. Jamais tu n’aurais imaginé croiser la route d’un Ange, jamais tu n’aurais pensé vivre un jour cette rencontre invraisemblable avec ton parfait opposé. Le déroulement de ce drame fabuleux prend une tournure délicieuse, il ne s’agit plus d’une simple distraction. Pour toi, c’est devenu une réelle jouissance.

« Ton apparence est toujours aussi séduisante, serpent. Je ne suis pas surpris que même l’âme vertueuse de ma protégée ait été souillée par le venin de votre zélateur… sa mort est une tragédie qui ne serait jamais arrivée si vous étiez resté dans les ténèbres. Mais je viens rétablir l’équilibre, je suis ici pour rendre justice. »

« Lâchez ma fille immédiatement... monstre ! »

« Moi un monstre ? Jette plutôt un regard sur ton maître, pauvre pêcheur et ouvre les yeux sur l’être qu’il est réellement. Es-tu aveugle au point de confondre l’Infernal et le Divin ? »

« Rendez-moi mon enfant ! »

« Je regrette, mais votre dépravation ternirait la pureté de cet être. »

« Qu… »

« Johann Faust, pour avoir frayé avec le Diable et souillé le cœur dévot de ma protégée, je condamne votre âme à demeurer éternellement enchaînée à ce corps immonde. Que les turpitudes de votre existence jusqu’à ce jour puissent-elles êtres graciées ainsi. »

Trop affaiblit pour retirer la Death Scythe qui cloue ta tête au sol et incapable de voir plus haut que les genoux de l’ange, tu assistes impuissant à l’exécution de son jugement. La créature ailée s’approche de l’humain, paralysé par cette force invisible qui fige les hommes en présences des êtres mystiques. Lorsque leurs pieds sont l’un à côté de l’autre, tu la vois se pencher vers lui et ne peut que deviner le baiser qu’elle pose sur ses lèvres. Cette scène tu n’as pas besoin de la voir pour en connaître chaque détail. Tu l’as vécu des centaines de fois auparavant… c’est exactement de cette manière que tes semblables et toi dévorent les âmes des mortels. Imaginer qu’un habitant du paradis puisse copier ainsi les mœurs démoniaques dépasse ton entendement, mais tu comprends aux actions de cet ange qu’il n’est pas comme les autres.

Faust s’écroule sur le sol à tes côtés lorsque l’étreinte prend fin. La joie dans ton être a cédé la place à une frustration immense, il te suffit de sentir l’odeur de l’humain pour comprendre que son âme est à présent « gelée ». Tu ne pourras jamais goûter à ce mets qui t’as tant fait saliver, le drame touche à son terme et son dénouement surprenant te laisse amer. Contre toute-attente, tu es le héros tragique de cette pièce dont l’histoire raconte le destin funeste. Toi qui te réjouissais de vivre la plus belle tragédie de ton existence, tu réalises subitement à quel point le premier rôle peut être pénible.

Pourtant, au milieu de cette souffrance et cette rage qui te consume lentement, un sentiment exaltant prend de l’importance peu à peu. Cette sensation qui dépasse de loin l’excitation, tu ne parviens pas à la décrire. Mais elle est là, bien présente au creux de ton estomac, elle te rend fébrile, elle accapare ton esprit et la moindre de tes pensées pour donner finalement naissance à un désir insatiable. Ton âme hurle son nom sans s’arrêter, ton corps tremble sous la puissance de ce mot… Vengeance.







Chapitre V



Londres – XVIIIème Siècle


« Qui… qui êtes-vous ? »

« Je suis celui qui toujours nie. Je suis le mensonge et l’antinomie. Je suis une partie de ces forces qui veulent le mal et font le bien. Je suis l’antéchrist et le serpent. Je suis l’ultime tentateur et le fils du Malin. »

L’éphèbe reste figé un instant, sa cigarette à la main toujours fumante. L’homme qu’il avait toujours connu, son mentor et père spirituel venait de disparaître pour laisser place à un garçon à la peau mate et aux yeux dorés. La moitié droite de son visage disparaît sous d’abondantes mèches de cheveux brunes. Il ne comprenait pas un traître mot des paroles de son interlocuteur, tant il était captivé par sa beauté. C’était comme s’il faisait face à ce fameux portrait que Basil avait peint de lui mais dans une version… plus exotique. L’apollon en smoking s’approcha alors doucement de son hôte et passa son index ganté le long de sa mâchoire.

« Tu es si beau Dorian... tu as de quoi rendre fou d'amour les anges comme les démons. »

« Vous êtes venu prendre mon âme n’est-ce pas ? »

« Cela fait vingt ans à présent. Vingt longues années de pur plaisir sans en payer le prix. Il est temps maintenant que je reprenne ce que je t’ai donné... avec les intérêts. »

« Que… que voulez-vous dire ?! »

« Réjouis-ton mon bel adonis… tu resteras jeune et charmant pour l’éternité. J’y veillerais. »

Le jeune homme fit mine de rétorquer, mais le démon ne lui en laissa jamais le temps. Ses lèvres s’étaient déjà posés sur les siennes, l’empêchant de produire le moindre son. Dorian sentit son corps défaillir et sa vitalité quitter son corps. Il avait le sentiment qu’on lui volait son âme… et c’était plus ou moins le cas. Ses dernières pensées allèrent à sa fiancée. Si seulement on lui avait laissé plus de temps, peut-être aurait-il pu lui avouer que leur amour ne pouvait durer. Peut-être aurait-il eu le courage de lui dire à quel point il l’aimait… ô combien il regrettait d’avoir vendu son âme au diable pour une vie de débauche. Son existence n’avait de sens que depuis leur rencontre. Mais tout ceci n’avait plus d’importance à présent, car ses regrets disparaîtraient avec lui.

Le garçon à la peau d’ébène recule ses lèvres du visage glacé et plonge son regard flamboyant dans les yeux ternes de sa victime. Même dans la mort, Dorian Gray reste magnifique. Les pupilles du démon reprennent leur rondeur d’origine et l’écarlate cède place au doré. L’apollon enlace ainsi son amant d’un instant et se met à danser la valse avec son corps sans vie. Un rire cristallin et irréel s’échappe de ses lèvres… un rire que nul n’a jamais entendu auparavant.  

« Où étais-tu ? Je ne t’ai pas vu dans le public… »

« Pardonne-moi mon amour, Harry va bientôt être père et j’ai dû fêter la nouvelle avec lui. »

« C’est merveilleux Dorian ! Mais j’aurais tant aimé qu’il vienne assister à cette représentation pour pouvoir enfin le rencontrer. »

« Tu auras tout le loisir de faire sa connaissance lorsque nous serons marié ! »

« Oh mon Prince Charmant… »

La jolie comédienne se jette au cou de son bien-aimé tout en s’emparant tendrement de ses lèvres. Ce dernier ne se dérobe pas le moins du monde et la prend dans ses bras pour rendre ce baiser encore plus passionnel. Sibyl Vane tressaille en humant le parfum ensorcelant du jeune homme. Il y a quelque chose de différent dans son odeur, c’est imperceptible mais bien présent. Une vague de chaleur l’envahit soudain lorsqu’il la serre contre lui, elle est agréablement surprise de ressentir  cette douce allégresse. Ses réticences s’évanouissent tandis que son désir s’intensifie mais Dorian rompt brusquement leur étreinte. Il pose un regard infiniment tendre sur sa fiancée qui le fixe de ses grands yeux mauves et peut lire qu’elle est prête à s’offrir à lui. Ses pupilles se mettent  alors à briller d’une lueur surnaturelle…

« Qu’est-ce que… »

« Je peux tout t’expliquer ! »

L’éphèbe vient de fuir leur lit avec horreur sans être capable de détacher son regard des deux appendices qui ont éclos dans le dos de la jeune fille. Couvertes de plumes, ces deux ailes immaculées sont apparues au beau milieu de leurs ébats. Dorian jurerait même qu’elles s’étaient manifestées à l’instant où Sibyl a eu un orgasme. Il en est resté bouche bée avant de comprendre la situation invraisemblable à laquelle il est confronté. Sa fiancée n’est pas humaine !

« Il n’y a rien à expliquer. Tu es une abomination ! »

« Non, mon amour… »

« Ne m’appelle plus comme ça désormais. Tu m’as mentis et trompé. Tu t’es jouée de moi ! »

« Dorian ! Je… je suis désolé, écoute moi ! »

« Hors de ma vue monstre. Tu me dégoûtes. »

« Pitié mon doux, mon merveilleux prince charmant, ne me rejette pas. Laisse-moi t’aimer encore, laisse-moi être auprès de toi, je t’en supplie… »

« Un ange qui implore le pardon du démon… quelle merveilleux spectacle. »

L’amante éplorée lève des yeux remplis de larmes sur le garçon qui la fait tant souffrir. Celui-ci lance un regard emplis de mépris où brûle une flamme de sadisme terrifiante. Elle comprend alors qu’elle s’est jetée aux pieds de l’être le plus infâme qu’elle a jamais connu. Elle réalise soudain qu’elle est le jouet du diable en personne et qu’il profite pour traîner son âme dans la boue et souiller sa pureté. La disgrâce est totale et l’ange envisage un instant de mettre un terme à sa vie pour laver son honneur. Son bourreau ne lui accorde même pas cette absolution et l’a saisie par la gorge pour la relever face à lui. Un vieux majordome à l’expression glacial et armé d’une étrange fourche entre alors dans la chambre. Il présente l’outil au cruel jeune homme dont les yeux regagnent leur nature démoniaque d’origine. Un sourire diabolique se dessine progressivement sur ses lèvres.

« Merci Johann. »

Dorian plaque sa victime face contre un mur et enfonce les crocs de la fourche au milieu de ses épaules. Sa poigne alliée à la violence des coups coupe sa respiration instantanément, la douleur lui arrachant un cri et une bile sanglante.

« Un autre fils du Divin crucifié… »

« Comme c’est bien vu ! Mais cet ange-là n’a rien d’un martyr. Il mérite chacune de ses souffrances… »

« Qui es-tu donc misérable qui porte la main sur l’enfant du Créateur ?! »

« Voyons… n’est-ce pas évident ? »

« Toi ?! Comment peux-tu… »

« C’est une histoire vieille de quatre siècles mon ange. »

« Qu’as-tu fait de Dorian Gray ! »

« Il a fini comme tous les appâts qu’on utilise pour la pêche au gros ! »

« Qu… ? »

« Allons ne comprends-tu donc pas ? Croyais-tu réellement qu’une histoire d’amour entre vous ait été le fruit du hasard ? Dorian Gray est ma création, mon chef-d’œuvre, le seul être capable de toucher le cœur d’un ange tel que toi… et me permettre de faire justice comme il se doit. »

« Tu perds ton temps déchu ! L’âme de ton serviteur est scellée à jamais. »  

« Peu m’importe l’âme de Faust ! La vengeance est un plat mille fois plus exquis que ce met avarié ! »

« Alors finissons-en rapidement, que je puisses rejoindre mon amour dans l’au-delà. »

« Te tuer ? Non ce serait un châtiment bien trop léger pour que ma rage soit apaisée. Je vais te prendre quelque chose de même valeur que ce que tu m’as volé… »

Un vent glacial surgit du néant pour souffler les seules bougies qui éclairent la pièce, plongeant le lieu dans une obscurité quasi-totale. Faust recule de quelques pas sans pour autant quitter du regard l’être qui a fait de sa vie un enfer. Il a patienté près de quatre cents ans pour assister enfin à cette scène où l’ange supplicié va perdre la seule chose qui peut encore avoir de la valeur pour lui : la marque du divin.

Le corps de Dorian Gray possédé par le malin, s’écroule sur le sol, inerte. Au cœur des ombres le majordome peut discerner deux flammes écarlates et une silhouette inhumaine se rapprocher du visage de la créature ailée. Il croit voir une griffe écorcher sa joue et une langue lécher le sang qui perle sur le doigt du démon, mais aucun bruit ne lui parvint. Privé de son et d’image, il se contente de fixer les ténèbres en attendant que son maître agisse enfin.

« Je fais de toi ce que tu aimes plus que le Créateur lui-même. Je te retire le fardeau que tu portes depuis le premier jour en tant qu’être de lumière. Tu n’as plus à vivre parmi tes frères célestes… tu étais ange gardien, tu seras ange déchu. »

« Attend parjure  ! Je sais qui tu es réellement , je connais tes véritables origines… tu n’es pas né en Enfer ! »

Les ultimes supplications de l’ange sont étouffées par la noirceur ambiante. Ni Faust, ni l’être infernal qui s’est défait de son enveloppe charnelle, ne prêtent attention aux affabulations du martyr. Une force inconnue dévore les dernières lueurs des astres et l’espace d’un instant, c’est le noir total. Un hurlement inhumain retentit lorsque la lumière reprend ses droits et le voile noir qui s’est posé sur la chambre se teinte de rouge. L’immortel pose son regard incandescent sur son serviteur tombant à genoux face à cette vision d’un autre monde.

Le Diable arbore un sourire infernal et tient entre ses griffes sanguinolentes… les ailes souillés d’un Archange.







Epilogue



Paris – XIXème Siècle


Christopher Wilde jura. La Direction peut dire ce qu’elle veut, il persiste à penser fermement qu’il n’existe qu’une Death Scythe pour un seul Shinigami. La débroussailleuse à lames qu’on lui a refilé ne remplacera donc jamais sa fourche ! Si seulement il pouvait remettre la main sur ce satané démon… il lui ferait bien comprendre qu’on ne peut voler impunément la faux d’un dieu de la mort ! Les collègues ne cessent de lui répéter pourtant qu’il doit tirer un trait sur cette histoire, que c’est du passé maintenant, qu’il y a « prescription » et que de toute façon elle doit sûrement être détruite ou perdu dans les Enfers. Mais il refuse obstinément de perdre espoir. Son instinct de faucheur ne l’a trompé qu’une fois – cette fameuse nuit où il pensait avoir à faire à une mission de routine et a finalement vécu l’humiliation de sa vie- alors il reste confiant et patient.

Des siècles plus tard, l’intuition de Christopher se révélera juste. Il va bel et bien récupérer sa Death Scythe adoré mais perdra son emplois en échange… c’est un jour tout à fait banal dans cette grande ville française où on lui ordonnera de récupérer l’âme d’une vieille chanteuse de cabaret. Rien ne laissa prévoir cette rencontre hors du commun.


« Bonjour Mr Wilde. »

« Vous n’avez rien à faire ici mademoiselle, je vous prierais de quitter ces lieux. »

« Bien sûr, je vous laisse faire votre travail, mais avant j’aimerais vous rendre un bien qui vous est sûrement très précieux. »

Le Shinigami écarquille les yeux en voyant la jeune fille aux cheveux blancs sortir sa vieille fourche de nulle part. L’espace d’un instant il croit à une farce de son ancien partenaire puis se demande s’il s’agit d’une ruse de ce fameux démon pour s’amuser à nouveau à ses dépens… jusqu’à ce que l’inconnue lui remette la Death Scythe entre les mains. Son corps se fige immédiatement. Aucun doute possible, il tient bien sa Fourche de la Mort. Ces retrouvailles le bouleversent à tel point qu’il en oubliera l’âme à faucher.

« Où l’avez-vous trouvé ? »

« On peut dire que j’en ai hérité d’une connaissance commune. »

« Comment… comment puis-je vous remercier ? »

« Et bien… vous n’avez qu’à prendre votre journée afin que nous puissions discuter ensemble de ce capricieux destin qui provoquent tantôt les mauvaises rencontres… tantôt les bonnes. »






Dernière édition par Méphistophélès le Lun 19 Aoû 2013 - 21:30, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Méphistophélès ~ Amusons-nous ensemble ♥ Lun 19 Aoû 2013 - 18:32

Post à supprimer avec le prochain message du staff.

J'ai terminé ! Mais je peux plus éditer le premier message sans que ça me bouffe la moitié du texte, donc je vous laisse retirer les balises [georgia] et [black] qui se sont incrustées sans autorisations. Merci ^^

Bonne lecture ♥
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Message Sujet: Re: Méphistophélès ~ Amusons-nous ensemble ♥ Lun 19 Aoû 2013 - 22:19

Hey Meph <3
Alors, voyons voir x)
Franchement...J'ai rien à redire ! C'est une magnifique présentation que tu donnes, ton style d'écriture est vraiment impressionnant (mais vous êtes tous doués, ma parole xD), on se laisse entrainer sans y être forcé, s'en est presque hypnotisant ! Et encore, je mesure mes mots xD J'ai littéralement adoré cette fiche, quoi que, on pourrait noter les petites fautes -très rares- ou même la difficulté de savoir à qui appartient tel ou tel voix...
Mais c'est vraiment minime, comparé à ce que tu as donné à côté ^^
Bref,

Tu es validé !

                            Bon RP !

Au plaisir de RP avec toi prochainement ^^

PS : On arrange la fiche



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The Trickster



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Message Sujet: Re: Méphistophélès ~ Amusons-nous ensemble ♥ Mar 20 Aoû 2013 - 0:44


Voilà le commentaire o/

Bon je vais faire un peu répétition après Chromagnon, mais pas grave:

Très belle fiche. On sent que tu as bossé dur dessus! Le style il n'y a rien à redire, mise à part que ce qui m'a un peu troublé était le fait que tu parlais à la troisième personne, puis aux chapitres suivants  à la deuxième et  à l'épilogue à nouveau en « il ». Enfin l'important, c'est que la lecture était fluide et très agréable à lire.

Quant à l'histoire j'ai adoré! Elle est géniale! Tu as su donner de l'importance à tous tes personnages. Chacun d'entre eux ont eu un impact et un rôle à jouer. On peut vite s'imaginer une suite avec l'ange et le shinigami. Bref, Méphistophélès n'est pas toujours maître de la situation, et ça j'apprécie beaucoup *-*
Un beau back ground.

Tu as fait un très bon travail, bravo!


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Message Sujet: Re: Méphistophélès ~ Amusons-nous ensemble ♥

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Méphistophélès ~ Amusons-nous ensemble ♥

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