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Art is not what you see, but what you make other see - Léon R. Connor

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Joah Andersen
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Message Sujet: Art is not what you see, but what you make other see - Léon R. Connor Mar 28 Juin 2016 - 20:58





« …Bien. Ce sera tout pour aujourd’hui. Je vous remercie pour votre patience, my Lord. »

Midi sonnait alors que Joah rassemblait ses pinceaux, un sourire doux aux lèvres. L’homme assis en face d’elle eut un léger sursaut, comme sorti brutalement de sa torpeur. Il la regarda fermer avec soin sa lourde sacoche de cuir sombre, de ses mains striées de peinture bleue et rouge. Elle les essuya dans un chiffon clair, puis recouvrit la toile d’un drap, plaçant le tissu de sorte à ce qu’il n’abime pas la peinture. L’aristocrate fit un pas vers elle, mais n’osa pas lui demander de le soulever, ayant déjà fait face à un refus strict par le passé. Prenant note de sa curiosité, elle le regarda un instant, amusée.

« Vous partez déjà ?
- Oui ; nous avons suffisamment avancé pour aujourd’hui ; la lumière n’est plus la même désormais. Et je dois me rendre chez un autre client. Je vous revois vendredi, Monsieur. »

Elle quitta ainsi la demeure, d’un pas assuré. L’aristocrate ne résidant pas loin du manoir de son nouveau client, elle décida de s’y rendre à pieds. Fouillant dans sa besace, elle en sortie une pomme, qu’elle croqua sur le chemin ; le jour était clair, bien différent des habituelles journées brumeuses propres à l’Angleterre. Alors qu’elle marchait, elle jetait parfois un coup d’œil à la montre à gousset accrochée à sa ceinture, s’assurant de maintenir une allure suffisamment rapide pour ne pas être en retard. Ses pensées vagabondaient vers l’homme qu’elle venait de quitter ; c’était un personnage las, dans la fleur de l’âge, dont la figure comme la personnalité n’exaltaient pas vraiment l’esprit fantasque de la danoise, pour être honnête. Cependant, elle ne pouvait se permettre de refuser des commandes, sa situation financière ayant été ébranlée par l’achat de son appartement et le voyage jusqu’en Grande-Bretagne. Elle se promit de finir l’œuvre la semaine suivante, pour se libérer de cet encombrant client qui semblait plus qu’intrigué par la jeune artiste. De toute manière, le tableau était presque fini ; elle était restée fidèle à son modèle, le magnifiant quelquefois pour ne pas subir ses foudres. C’était un beau travail, mais elle ne l’appréciait guère. Le sujet d’origine n’était pas à la hauteur de ses attentes. Le seul avantage étant sa remarquable docilité ; jamais il n’avait contesté l’un de ses ordres et remis en doute ses indications : c’était quelque chose que Joah appréciait, car cela facilitait son travail. Cependant, elle restait toujours à l’écoute des remarques des modèles qui, eux, correspondaient à ses attentes. Une curiosité familière se mit à la tarauder : comment serait ce marquis Connor qui l’avait engagée ? Selon quelques rumeurs, il était beau ; était doté d’un charme singulier qui faisait jaser quelques femmes. Joah attendait de le voir pour se faire son avis ; son idée de la beauté différait souvent de la norme. Elle se demandait également combien de temps ce marquis pourrait la satisfaire ; allait-elle vite s’en lasser ? La capricieuse étrangère l’ignorait. Elle ne cherchait pas à prévenir les fantaisies de son esprit vagabond.


Une heure plus tard, la jeune scandinave se tenait devant l’office du jeune marquis, plus excitée qu’elle ne le pensait. Ses joues étaient rougies par le temps frais à l’extérieur, et une lueur curieuse perçait dans ses yeux gris. Elle remercia chaleureusement le domestique qui l’annonça, et entra dans la pièce élégamment décorée d’un pas conquérant, se tenant droite et fière, moulée dans sa tenue d’homme. Faire la révérence n’étant pas dans les habitudes de la jeune femme, elle se contenta de s’incliner légèrement, de manière respectueuse, dès qu’elle fut entrée. Puis, son regard curieux se fixa sur l’occupant du manoir, et un mince sourire se dessina sur ses lèvres sans qu’elle puisse vraiment l’en empêcher.
Il était magnifique.
Elle dévora un instant du regard son visage aux traits réguliers, prenant note de l’aspect doux et soigné de ses cheveux ébène, puis, croisant ses yeux, son sourire s’élargit de manière presque imperceptible. Elle s’approcha doucement de lui, d’un pas leste, s’arrêtant à une distance raisonnable et lui tendit une main pour qu’il la serre, de manière assez masculine et inhabituelle pour une femme. Elle le regarda droit dans les yeux, ses prunelles luisant d’un intérêt non dissimulé. Ses lèvres rouges s’animèrent, alors qu’elle le saluait d’une voix suave et marquée par un fort accent danois :

« Enchantée de faire votre connaissance, my Lord. Je suis Joah Andersen. »

Si son accent trahissait ses origines étrangères, sa grammaire était parfaite. Son vieux mécène avait fait un travail remarquable. Elle avait un air franc, ses pommettes étaient striées de taches de rousseur et légèrement rosées. Elle avait l’air enchantée, imaginant déjà son pinceau en train de tracer les courbes élégantes de ses mèches noires. Et ses yeux verts… elle admirait le physique du jeune éphèbe, sans manifester aucun trouble, comme à son habitude. Son regard était observateur, et elle prenait note de chaque détail, l’expression de son visage, sa façon de se tenir, de placer ses mains.

« …Vous êtes très beau. »

Un compliment qui semblait banal pour la scandinave, qui ne se souciait pas vraiment de ce qu’il était commun de dire à un noble. Ces mots étaient sortis comme une observation, tout comme elle aurait pu lui faire remarquer qu’un cil s’était logé sur sa joue ou qu’un cheveu reposait sur son costume. L’ombre d’une expression embarrassée passa furtivement sur son visage, ne troublant que peu son sourire serein. Dans son attitude, il y avait l’insouciance d’une gamine passionnée, et la sagesse d’une jeune femme qui connaissait un peu le monde. Elle était sûre d’elle et confiante quant à ses capacités artistiques. Cependant, une question lui occupait l’esprit : pourquoi elle ? Pourquoi ce jeune noble avait-il décidé de faire appel à elle, et non à un artiste plus reconnu ? Venant d’arriver dans la capitale britannique, Joah ne bénéficiait pas encore d’une renommée importante, les seules rumeurs traînant sur elle étant dues à la singularité de ses mœurs : la danoise ne vivait pas comme toutes les londoniennes et ne s’en cachait pas. Elle s’habillait comme un homme, portait des vêtements couteux propres aux gens fortunés, et pourtant vivait dans un quartier modeste. De plus, certains savaient qu’elle avait beaucoup voyagé, et seule, l’artiste n’étant pas mariée. Elle n’avait aucune attache ; seul l’art et sa soif d’inconnu semblaient régir son existence.





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Léon R. Connor
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Message Sujet: Re: Art is not what you see, but what you make other see - Léon R. Connor Mer 29 Juin 2016 - 13:54

Un Marquis aux cheveux aussi sombres que l'ébène et aux yeux des plus étranges, mélangeant le jaune et le vert, se trouvait dans un bureau richement décoré de tentures des plus affriolantes les unes que les autres. La plus part des décorations s'y trouvant venaient d'un pays spécifique. Léon aimait beaucoup voyager. Chaque salon de son manoir correspondaient à un pays qu'il avait visité.

En face de lui se trouvait un jeune riche essayant tant bien que mal d'obtenir un contrat avec lui. Au début le marquis l'avait laissé espérer, puis petit à petit, il s'amusait à voir l'espoir disparaître de son visage. Il aimait ça. Cruel n'est-ce pas ? Mais il faisait ça pour son bon plaisir. C'est tout. Il ne voulait pas plus. Juste profiter de la vie et de la seconde chance qui lui a été accordé. Après avoir enlevé l'espoir de ce beau visage, il devait remplacer ce qu'il avait fait disparaître. Quoi de mieux que la crainte ? Une petite menace dissimulé par ci, une légère insulte glissé discrètement par la... Et voila, vous êtes passé du jeune riche imbu de lui même, plein d'espoir et de rêves, a un pauvre homme dont toute les pensés positive sont passés à l'état de cendre pour être remplacé par le désespoir, la crainte, la tristesse et un brin de colère. Voila qu'il s'en va d'ailleurs. Leon aurait aimé jouer un peu plus avec son nouveau jouet, mais son majordome lui rappel qu'il a rendez-vous avec une peintre. Il va peut être pouvoir s'amuser encore un peu.



Rejoignant son salon au décoration très anglaise qu'il surnomme simplement "le salon anglais", il attend sur son canapé de velours, calmement et posément. Il imagine. Le marquis a une imagination débordante. Son esprit invente une femme, sûrement que la peintre ne sera pas comme ça, une femme grande et élancé. Une femme au cheveux long et blond ou bien brun et court ou autre ! Une femme au visage dure en façade mais doux quand on s'attarde dessus... Il ne sait pas... Il aurait pu se renseigner sur cette âme, mais notre marquis aime les surprises.


Une servante toqua à sa porte, enfin elle était là. La porte s'ouvrit sur une magnifique créature. Il l'accueilli avec son sourire charmeur et malicieux habituel. Mais quelque chose le dérangeait. Il se sentait observé. Elle détaillait son visage. C'était un peu dérangeant mais l'étique lui interdisait de dire quoi que ce soit. Alors laissons faire les choses. Ce qui le surprit fut les mots qu'elle lui lança. Lui, beau ? Eh bien... Oui en effet. Mais beau dans qu'elle sens ?


- "Eh bien je vous remercie mademoiselle ! Mais j'ai une question... Qu'est-ce que vous trouvez beau en moi ? Qu'est-ce que vous aimez ? Qu'est-ce qui vous plais ?"


Curieux comme toujours, il fallait qu'il sache. De plus, il l'avait fait venir car il savait de source sûre que son âme était convoitée par un démon qui, il y a longtemps, lui avait volé une âme qu'il n'avait jamais pu récupérer. Il fallait Evidemment trouver un appât de choix. Bien sûr, elle n'en saurait rien. 


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Joah Andersen
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Message Sujet: Re: Art is not what you see, but what you make other see - Léon R. Connor Jeu 30 Juin 2016 - 20:26




Joah aimait les belles choses. L’artiste accordait une affection toute particulière aux objets qu’elle trouvait agréables ; ainsi, lors de ses voyages, avait-elle amassé nombre d’objets à priori inutiles, des pendentifs traditionnels, quelques figurines, et beaucoup de livres dans des langues qu’elle ne parlait pas. Le simple fait de perdre son esprit dans ces dialectes étrangers, protégés par une couverte brodée, lui permettait d’oublier toutes les contraintes de la vie quotidienne et exaltait son imagination débordante. Joah aimait les belles choses dont l’utilité ou la fonction première lui échappait ; elle aimait voir ces masques venus d’Afrique et ignorer leur histoire ; ainsi pouvait-elle laisser son esprit vagabonder et créer des multitudes de scénarii possibles. Elle aimait le fait que certaines œuvres lui résistent, refusent de lui livrer leurs secrets. Cependant, avec le temps et à force de réflexions, elle finissait souvent par trouver un sens à une toile, donner un nom précis à une sculpture, et, ainsi, son enthousiasme s’éteignait comme la flamme d’une bougie.

Il en allait de même pour ses modèles ; les premières heures avec eux étaient généralement exaltantes pour la scandinave, qui, ignorant tout de ces figures, leurs passions comme leur histoire, pouvait alors se bercer de fantasques illusions ; puis venaient quelques signes, un tic de langage, une remarque, et la personnalité de l’étranger se dévoilait à elle. Au fur et à mesure des conversations, elle en venait à en apprendre plus sur eux ; et sa flamme disparaissait. Bien sûr, il y avait là une évidente contradiction ; pourquoi diable chercher à en apprendre plus, si elle préférait les mirages de son esprit ? Cela tenait au fait que, loin d’avoir une vision manichéenne du monde qui l’entourait, Joah cherchait toujours à savoir en quels termes il serait bon de quitter ses clients. Elle ne se comportait pas de la même sorte avec tout le monde ; aux nobles imbus d’eux-mêmes et satisfaits de choses qu’ils avaient acquis sans mérite, elle tentait de faire subir une humiliation. Cependant, elle disparaissait de manière tout à fait correcte face à un individu qu’elle estimait méritant. Cette façon d’agir était incroyablement prétentieuse, mais, bien qu’en étant consciente, la jeune femme ne cherchait aucunement à la changer. Elle ne se considérait pas comme quelqu’un de bien. Elle était, voilà tout.

Comment serait ce marquis ? La jeune femme l’ignorait encore ; à vrai dire, elle était clairement intriguée par cet homme au regard impénétrable, et par sa question, qui fit s’accroître le sourire aux coins de ses lèvres. Jamais un de ses modèles ne lui avait fait part d’une telle interrogation ; et c’en était une légitime, selon l’artiste. Elle répondit avec cette honnêteté qui la caractérisait, ses yeux rieurs plongés dans les prunelles vertes et jaunes de son interlocuteur. Quels yeux !

« Vous avez du charisme. Certes, votre plastique correspond en tout point à la définition du beau, mais ce n’est pas vraiment ce qui m’importe. Certaines personnes sont belles mais ne dégagent rien. Vous, Monsieur… vous avez cette aura magnétique qui attire et inquiète à la fois ; ce sourire fait fondre le cœur des dames, n’est-ce pas ? Et pourtant, je suis sûre qu’il peut se faire menaçant. Vos yeux sont magnifiques –jamais je n’en ai vu de pareils. Et je n’arrive pas à déchiffrer votre regard. Les yeux sont le miroir de l’âme, à ce que l’on dit, non ? » Elle marque une pause. « …Je n’arrive pas à voir la vôtre ; je ne peux pas vous définir en un regard. Et cela me plaît. »

Elle penche légèrement son visage sur le côté, comme un chat intrigué. Tout l’interpelle dans cet inconnu au visage d’Apollon. La décevra-t-il ? L’étrangère en doute, désormais. Il semble réunir tous les critères qu’elle adore ; un charme certain, une aura, et un caractère curieux, peut-être malicieux, même ?

« Ce sont les gens tels que vous que j’aime peindre ; je pourrais vous représenter en personnage de roman, conquérant, amant tragique ou Don Juan, sous les apparats d’un dieu ou d’un prince de conte. Apollon, Narcisse, Loki, Judas, un démon ou un ange… je ne sais pas. Ce visage ne trahirait aucune de ces figures. Enfin ; mon esprit s’enflamme, mais je m’en tiendrai à vos désirs. » Elle esquisse un sourire narquois. « Après tout, vous êtes le sujet de cette toile. Alors, my Lord ? Qui voulez-vous être ? Une figure stable, lisse et impénétrable, comme ces visages d’un autre temps ? Ou puis-je vous représenter comme je vous vois ? Si je puis me permettre… le premier sera un mensonge, et vous prendrez un risque avec le second. La plupart de mes sujets choisissent le premier. C’est regrettable, mais je respecte ce choix. »

En disant cela, elle s’imagine les toiles qu’elle pourrait réaliser ; un portrait imposant, qui inquiéterait et menacerait les visiteurs ? Une figure bienveillante attendant une lettre dans ce salon anglais ? Un jeune voyageur intrépide défiant les éléments ? Un aristocrate au sourire de Cheshire, entouré de mystère ? Ce dernier lui semblait être le plus approprié, mais chacune de ces esquisses mentales pouvaient, selon elle, correspondre à cet homme. Elle espérait sincèrement qu’il la sortirait de sa lassitude ; depuis des semaines, Joah ne recevait que des commandes du même type, et cela l’agaçait. De plus, elle était curieuse de voir si la façade du marquis resterait impénétrable jusqu’à la fin, ou si elle finirait par l’entrevoir, et se lasser.
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Message Sujet: Re: Art is not what you see, but what you make other see - Léon R. Connor Ven 1 Juil 2016 - 18:49

Il l'avait là. Devant lui. La réponse à sa question. My my my... Cette artiste se montrait de plus en plus intéressante ! Parfait ! Ça réponse lui plaisait énormément ! Quel sens de l'observation ! Comment allait-il s'y prendre avec elle ? Par où commencer ? Et si nous la laissions d'abord faire ses preuves ? Oh ! Il pourrait aussi continuer à l'observer ! Très souvent les gens se sentent mal à l'aise de ce cas là. Il pourrait commencer ainsi... Ou bien s'approcher doucement ! Jouer au prédateur ! Tel un lion qui tourne autour d'une pauvre gazelle sans défense... Mais peut-être que cette gazelle est une rose... Une rose rouge possédant des pétales aux couleurs chatoyantes... Mais attention, il ne faudrait pas que le lion se prennent les pattes dans les épines si pointues et acérés de cette rose ! Cela serait dramatique ! Alors... Laissons faire le destin... Lui et ses choix inexplicables et inexpliqué. Qui par la suite deviennent aussi limpide que l'eau d'une fontaine où viendrait glisser les rayons de soleil par une chaude après-midi d'été...


Laissons la vie se faire.


Elle voyait juste... Elle voyait tout juste... Elle avait réussit à deviner tellement de choses sur lui... Tout ça l’intéressait de plus en plus. A présent il devait choisir quoi faire comme pose... Eh bien, pourquoi ne pas lui faire confiance après tout ? Elle a un don, ça se voit et ça se sent. A présent le marquis comprenait pourquoi cette âme était recherché par un démon si puissant...

De ce qu'il savait, ce démon aimait beaucoup le savoir... Une âme si cultivée est sûrement un met de choix... Mais revenons à elle. Il l'avait laissé sans réponse pendant environs 10 secondes. Ce n'est pas une attitude approprié pour un gentleman tel que lui.


« Vous avez l'air d'être très inspirée par ce que je suis. Alors mettez sur toile ce que je provoque chez vous. Sortez les idées qui gambadent dans votre tête rempli d'images plus fascinantes que les autres, j'en suis sûr, laissez vous allez. Je veux voir ce que vous pouvez créer avec vos sentiments, mademoiselle Joah Andersen »




Cette phrase, il l'avait sortit sur le coup de l'impulsion. Finissant sur l'un de ses fameux sourire mystérieux et avec un regard provocateur, il voulait lui lancer un défi. Il voulait voir de quoi elle était capable.


« Peignez moi de tel ou tel façon. Peignez moi comme un conquérant, assit sur son cheval blanc comme la neige, en train de regarder de pauvres indigènes mourir sous les coups de la famine ! et tout cela sans la moindre once de peine ou de pitié pour eux ! Ou bien, humanisez le chat du Chesire. Donnez lui mes traits ! Donnez moi son sourire. Son regard des plus mystérieux... Ou alors ! Imaginez quelque chose de nouveau ! Il y a tant de possibilité ! Vous pouvez tout aussi inverser les choses... Me peindre en me donnant un caractère différent du mien ! Vous avez les cartes en main ! Vous avez le pinceau, alors dessinez ce que vous voyez et alliez-y votre imagination débordante ! »


Encore une fois, il n'avait pas su se contrôler. Il avait accompagné ses paroles de gestes graciles. On aurait dit un danseur sur scène, ou bien un personnage de théâtre sortant son monologue. Il aimait beaucoup le théâtre... Il s'en inspirait beaucoup trop d'ailleurs ! Pourquoi diable faisait-il tout le temps ça ? Mais il n'allait absolument pas montrer qu'il regrettait son geste. Car de toute façon, il ne le regrettait pas le moins du monde. C'était lui, le marquis Léon Roy Connor. Voilà tout.


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Message Sujet: Re: Art is not what you see, but what you make other see - Léon R. Connor Dim 3 Juil 2016 - 17:02

Le regard du marquis était insistant. Observateur. Comme s’il cherchait à s’immiscer dans les recoins de son âme ; c’était un regard que Joah connaissait bien, le même qui l’observait dans les miroirs ou l’eau claire. C’était les yeux de quelqu’un habitué à évaluer les gens, à saisir leur caractère, pour mieux les définir, et tenter de percer leurs secrets. Joah aimait cet éclat dans ses prunelles ; elle aimait cette curiosité qui semblait régir le caractère de son interlocuteur, car elle était semblable à la sienne. Ils n’avaient de toute évidence pas les mêmes intentions ; elle, en tant que peintre, mettait ce trait de caractère au profit de son art ; c’était cette envie de découvrir le monde et ses habitants qui dictait ses actions. Quant à lui, comment manifestait-il cela ? La scandinave l’ignorait ; cela laissait planer un certain mystère sur son modèle, et elle aurait menti si elle avait affirmé que cela lui déplaisait.

Elle soutenait donc son regard sans peine.

Une multitude d’interrogations se bousculaient dans son esprit. Comment devait-elle agir, désormais ? Rester immobile, dans une attitude humble et respectueuse ? Commencer à lui tourner autour, pour l’observer sous tous les angles ? Beaucoup de personnes n’appréciaient pas cela ; elle les mettait mal à l’aise. Joah avait l’habitude d’induire une relation de supériorité vis-à-vis des modèles qu’elle n’appréciait guère ; dès le début, elle les dominait pour mieux les jeter par la suite. Cependant, la danoise avait le sentiment que cela ne marcherait pas avec le marquis Connor. De plus, il était autrement plus intéressant que les aristocrates qu’elle avait peints, jusque-là. La jeune femme ne se considérait pas comme une jeune originale sans défenses ; si son visage était naturellement souriant et engageant, et qu’elle était de nature plutôt amicale, elle savait aussi lancer des répliques acerbes et ne se laissait pas marcher sur les pieds. Sa fierté était bien trop forte pour qu’elle accepte de se taire.

Un sourire narquois se dessina sur ses lèvres rouges, alors qu’elle relevait le défi de son modèle. Une lueur s’anima dans son regard. Oh, qu’elle aimait ce genre de situations ! Et son regard, qui semblait la provoquer, l’inspirait encore davantage. Et sa gestuelle, rappelant le théâtre ! Cet homme était décidément extrêmement intriguant. Ses mots étaient emprunts d’une douce exubérance qu’il lui  était agréable de voir. Cette ligne sur son visage, formant un sourire singulier, oui, ce sourire de Cheshire… il était parfait.

« …Je tâcherai de vous surprendre. Il y a tant de toiles que je pourrai peindre avec votre figure ; quelle expression vais-je donner à votre visage ? Vous pourriez être exalté, indifférent, ou bien moqueur, dominer votre spectateur, être… oh ! Je sais. »

Elle se tut pendant un instant, puis un sourire étrange fendit ses lèvres, empreint de malice et de mystère. Ses yeux se mirent à briller d’un éclat particulier. Joah observa son interlocuteur avec attention, décidant enfin de mieux l’examiner. Elle fit donc quelques pas vers son modèle, tournant autour de lui doucement. Chaque pas était empreint d’assurance. Le silence qui s’était installé ne la perturbait guère ; elle fit le tour de l’homme à plusieurs reprises, lui adressant le sourire insolent qui la caractérisait. Parfois, elle approchait sa main, et frôlait une mèche de cheveux, un pan de sa tenue, sans jamais vraiment le toucher. Elle s’arrêta à plusieurs reprises devant lui, s’approchant de son visage pour noter un détail, et finalement se retirer sans manifester la moindre gêne quant à leur proximité. Quelques remarques s’échappaient de temps à autre de ses lèvres, murmures ténus presque inaudibles. La plupart étaient dans sa langue natale, qu’elle mêlait à l’anglais ou l’allemand, parfois. Enfin, elle s’arrêta devant lui, les yeux clos, comme plongée dans une rêverie. Lorsqu’elle les rouvrit, son regard était déterminé, elle semblait prête à relever le défi posé par l’aristocrate. Le visage souriant de l’artiste affichait une certaine détermination et une grande confiance.

« …Nous pouvons commencer. »
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