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Læder og maling

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Joah Andersen
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Message Sujet: Læder og maling Lun 3 Juil 2017 - 11:15

Andersen Joah

20 ans - Danoise - Peintre
Danois / Anglais / Allemand
Esthète

En cours


Achevés
Et si l'on refaisait la décoration ?ft. Christopher Atkinson
Première entrevue entre l'inspecteur Londonien et la peintre ; commande d'une série de tableaux et danse au son d'un violon.

Night Strollft. Christopher Atkinson
Les rues de Londres sont dangereuses pour une personne seule ; Joah est sauvée de justesse par l'inspecteur. Seconde rencontre.

Observer les modèlesft. Damon Griffin
Joah semble avoir pris la mauvaise personne pour modèle ; et Damon semble être tombé sur la mauvaise personne pour faire part de son mécontentement.

This fire in which we burnft. Daniel
Joah reçoit une lettre de son frère jumeau, après des années de silence ; emportée par la colère,
la danoise fait la connaissance de l'énigmatique homme dans une ruelle... cherchant à l'aider, et panser cette étrange blessure qui déchire son dos.
Abandonnés
Art is not what you see but what you make other seeft. Léon R. Connor
Une entrevue cordiale entre l'artiste et un client particulier.


Dernière édition par Joah Andersen le Jeu 26 Oct 2017 - 22:21, édité 7 fois
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Joah Andersen
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Message Sujet: Re: Læder og maling Lun 3 Juil 2017 - 11:39





Arc 1 : Errances.



Ven
Bror
Spøgelse
Hiraeth
Copenhague, 9 Juin 1885


Je viens de trouver ce carnet, au fond de la malle du grenier. Etrange, comme les années l’ont épargné. Il est lourd, épais, presque trop riche pour nous appartenir. Je me demande pourquoi personne n’a jamais utilisé cet objet. Certes, il est poussiéreux, mais comment a-t-on pu laisser de côté un carnet de ce genre ? Enfin, ce n’est pas grave. Je suppose que ça n’a pas d’importance. J’ai décidé de le prendre, et de l’emmener avec moi. L’emmener, où ? Oh, si cela est destiné à devenir un journal, autant que j’explicite le contexte, non ? Je ne sais pas vraiment comment fonctionnent ces choses-là.

Je m’appelle Hanne Kirsten Joah Andersen. Je sais, beaucoup de noms pour une bien petite personne, au final. Les deux premiers sont un hommage à mes ancêtres. Le troisième, une erreur. Mon père voulait que je me nomme Jette, après ces trois prénoms, mais une erreur dans les papiers l’a transformé en Joah. Pour être honnête, je déteste ces deux premières appellations. C’est pour cela que, pour ma nouvelle vie, entre ces deux hommages et une erreur, j’ai choisi l’erreur.
Je serai Joah Andersen, désormais.

Je disais donc ; mon nom est Joah. Je déteste que l’on se réfère à moi par Hanne. J’ai seize ans. Je suis Danoise. Je ne suis personne pour le moment, mais je compte devenir une artiste qui marquera au fer rouge son passage dans les mémoires.

Je vais partir. Quand ça ? Demain. Lukas va m’emmener avec lui sur le bateau qui le ramène à Oslo –sa ville natale. Il m’a promis de m’aider, une fois là-bas. J’ai confiance en Lukas. Nous nous connaissons depuis l’enfance, et nous avons en commun cet amour pour l’art et un fort désir d’indépendance. Le père de Lukas est cordonnier –excellent dans son domaine. Il a déménagé à Copenhague alors que Lukas était encore jeune, mais désormais, il souhaite retourner vivre en Norvège. Et je l’accompagne ! Nous avons trois ans de différence, mais très honnêtement je ne m’en soucie pas. Je suis plus mature que mon âge. Je suis prête à affronter cette vie, à l’extérieur. De toute manière, qu’est-ce qui pourrait m’attendre, à Copenhague ? Rester dans l’ombre de la médiocrité familiale, travailler dans un bar pauvre ou me marier jeune ? Non merci. J’ai besoin d’aventure, j’ai besoin de changer d’air et de voir le monde. Je veux parcourir l’Europe. Je veux peindre et recommencer de zéro. Lukas m’en donne l’opportunité. Je ne serais plus Hanne, la pauvre rouquine dont les parents s’efforcent éperdument de tirer quelques traits sur une toile. Non, j’aurais enfin l’occasion de faire mes preuves. Personne n’aura à connaitre ces attaches.

Je ne sais pas si je vais les regretter. Ce ne sera certainement pas facile, mais je ne peux pas vivre alors que ma famille est la risée du domaine artistique de la capitale. Aucun Andersen de ma famille jusque-là n’a réellement fait preuve de talent, n’a rien révolutionné. Je serai la première. Mais pour cela je dois me détacher de ce patrimoine.

Il est tard, actuellement, et j’écris à la lumière d’une bougie. Jørgen et Søren dorment dans l’autre pièce. Søren est notre petit frère, il a sept ans. Jørgen est mon frère jumeau. Je pense que de tous, il sera celui qui me manquera le plus. C’est le seul à qui j’ai laissé une note. Lui comprendra, je l’espère. Au fond, il savait certainement que ce jour arriverait. Nous nous ressemblons beaucoup, mais Jørgen ne peint pas. Cependant, lui aussi souhaite faire ses preuves et prouver qu’un Andersen n’a pas à être un raté. La différence entre nous deux, c’est qu’il compte le faire au sein de Copenhague. J’espère, honnêtement, qu’il y arrivera. Jørgen est intelligent, et il travaille dur. Il arrivera à tout.

C’est une bien étrange nuit. Je m’apprête à tout laisser derrière moi, mais tout ce qui me vient à l’esprit est cette étrange excitation mêlée d’appréhension. Mon premier voyage. Un voyage dont je refuse de retourner. Je me demande ce qu’en diront les gens ; la petite Andersen a fugué. Oh, ils ne comprendront pas. Ils ne savent pas ce que c’est, d’être né ici.

Il est si tard ; je partirai avant l’aube, lorsque tous dormiront encore.
Je peux entendre le bruit de la mer, dehors.



Ven
Bror
Spøgelse
While we're young
Bergen, 6 août 1885

Cela fait deux semaines que je me suis installée avec Lukas. Nous nous sommes rendus à Bergen ; ici, il va étudier le violon, et je pourrai peindre à ma guise. J'aime cette ville. Tout ici a un goût de renouveau, d'inconnu. Si j'ai les bases de la langue, je ne la parle pas parfaitement, mais qu'importe ; cela ajoute un peu au challenge. Et puis, ce serait ennuyeux si rien ne changeait, non ? Après tout, je suis partie avec lui pour ça.

Cependant...
J'ai l'impression que notre relation évolue. Lukas est mon meilleur ami, mais hier nous nous sommes embrassés. Cela s'est fait simplement, d'un commun accord. Je n'ai pas compris ce qui nous y a poussé, mais c'était une sensation agréable. Je ne sais pas ce que lui en pense ; nous n'en n'avons pas reparlé, depuis, mais j'ai l'impression que mon silence vis-à-vis de ça le gêne. Est-ce que cela avait de l'importance pour lui ? Je ne sais pas comment lui perçoit notre relation désormais. Nous vivons ensemble ; je pensais que cela s'arrêterait là, mais sa façon de se comporter a changé. Plus protecteur. Il l'a toujours un peu été, mais ce n'est plus pareil. Je ne suis pas tellement versée dans ces choses-là. Je ressent un fort amour pour mes frères, et un autre, différent, pour lui, mais est-ce réellement l'amour dont beaucoup parlent ? Je verrais certainement avec le temps. Mais je ne peux pas nier que je me sens bien, dans ses bras.




Ven
Bror
Spøgelse
Flames
Bergen, 20 août 1885

Je viens de glisser une mèche de cheveux, dans ce carnet. En souvenir du temps où je les portais long.
Pourquoi tant de sentimentalisme ? Je n'en ai aucune idée. J'ai coupé mes cheveux ce matin ; ils sont désormais plus courts que ceux de Lukas. Lui a protesté, au départ, rétorquant que je ressemblais à un garçon. Pourtant, il aime passer ses doigts dedans.
J'ai décrété que mes cheveux longs étaient une entrave à mon confort et ma liberté. Et si toutes les femmes qui m'entourent les portent jusqu'au milieu du dos, eh bien, je me démarquerai. Il faut encore que je m'habitue, cependant. J'ai l'impression de voir mon frère lorsque je passe devant le miroir.

Assez sur cet évènement, ô combien insignifiant au final.
J'ai vendu ma première toile il y a deux jours, à un marchand. Celui-ci m'a promis de parler de mon travail à une galerie non loin du centre ville. J'espère que celle-ci viendra me recontacter.

Je me suis également remise à peindre des incendies.

Il était une époque où j'avais arrêté, car mes parents s'en inquiétaient ; je les entendait proférer des absurdités sans nom, comme quoi ce n'était pas normal. Pourtant, depuis longtemps, le feu m'attire. Mais pour ne pas avoir à subir leurs inepties, j'avais cessé. Maintenant que j'ai mis une distance certaine entre nous, je peux enfin me remettre à ces paysages. Quelque chose m'attire dans cette esthétique. Lukas s'en inquiète aussi, cependant. Mais il ne m'entrave pas. Il sait certainement que je n'hésiterai pas à partir s'il m'étouffait.

Je ne vivrais plus jamais avec une enclave.

Lukas est inquiet, cependant, j'en ai conscience, mais je m'emploie à le rassurer. Où est le mal dans cette esthétique ? Le feu a quelque chose de fascinant ; rassurant et destructeur à la fois. Mais ce n'est pas comme si je tentais de reproduire ces paysages dans tout Bergen ; non. Mes fantasmes me suffisent. Je me nourris essentiellement de mon imagination, mais cela était peut-être difficilement concevable pour mes géniteurs.

Demain, j'irai voir Lukas à son école. Sa maitrise de son instrument est remarquable.





Ven
Bror
Spøgelse
Doubts
Bergen, 1 Septembre 1885

Il y a bientôt un mois, j'écrivais que je doutais de ma relation avec Lukas. Que nous nous étions embrassés. Que je ne savais pas quel sens avait ce geste, pour lui.

Tout a recommencé il y a trois jours. Je ne pense pas que l'on puisse honnêtement qualifier cela d'amitié désormais. C'était trop passionné, trop intime. Il s'est confessé. Je dois avouer qu'au début, je ne savais pas quoi faire, alors ce baiser m'a semblé être la meilleure option pour briser le silence. Penser à lui me fait sourire ; je me sens bien dans ses bras. Mais est-ce vraiment de l'amour ? Je n'en ai aucune idée. Je n'ai jamais aimé de cette façon. Tout cela, aussi agréable soit cette situation, me laisse une étrange impression d'artificiel.

J'ai vendu deux toiles. Depuis mon arrivée à Bergen, j'ai arpenté la ville sans répits, exploré tous les recoins, tous les quartiers. Si bien que je commence à craindre l'ennui. Je suis lucide sur ma propre nature ; je ne suis ni une bonne personne, ni une personne horrible. Grise. Entre les deux. S'il m'arrive souvent de vouloir aider ou rendre service, lorsque les choses me concernent directement je suis d'un incommensurable égoïsme. Je reconnais cela et je l'accepte, car cela fait partie de moi. Mais je ne peux pas ignorer cette voix qui me souffle que, bientôt, j'en viendrais à quitter Bergen. A quitter Lukas.

Je lui dois beaucoup ; il ne mérite pas ça. Pourtant... il suffirait d'une occasion pour que je le quitte sans hésiter. Comme je l'ai fait pour mon frère.

Ne suis-je pas horrible ?

Je ne me déteste pas. Il serait malhonnête de noter une telle chose. Ma lucidité apporte à mon regard un certain détachement. Je ne suis pas une personne détestable. Mais je ne mérite pas non plus d'être aimée. Car, jamais, je ne saurai rendre la pareille.

Qu'importe ; je vivrai sans amour.





Ven
Bror
Spøgelse
Leaving you
Sur la route entre Bergen et Oslo, 2 Décembre 1885


J’ai quitté Lukas ce matin ; il était déjà parti au travail lorsque je me suis réveillée, et j’ai rassemblé mes quelques affaires à la hâte. Ma valise est lourde, beaucoup trop. Heureusement, j’ai trouvé sur la route un marchand qui se rend lui aussi à la capitale. Il m’a permis de l’accompagner pour le voyage. J’ai laissé quatre toiles à Bergen ; trois sont dans l’arrière-boutique d’une galerie, la dernière se trouve chez Lukas. Je n’ai pas tellement envie de les récupérer ; il faut que je change d’environnement. S’attacher au reste ne sert à rien.
Enfin… j’ai beau dire cela, il me reste quelques objets au fond de mon bagage qui appartiennent à mon ancienne maison. Je n’arrive pas à m’en séparer. C’en est presque rageant.

Mes parents ont tenté de contacter Lukas, il y a quelques mois. Il leur a répondu qu’il ne savait pas où je me trouvais, après que je le lui ai demandé. Et je ne l’ai pas prévenu, lui non plus, de mon départ. Je sais que ce n’est pas correct. Mais je ne voulais pas m’engager dans une longue discussion avec lui. Cela fait 6 mois que nous vivons ensemble, mais je ne pense pas que je l’aime. A vrai dire, je ne pense pas être réellement capable d’aimer quiconque. C’est tellement étrange. Alors que je connais Lukas depuis notre enfance, et que je l’adore, je suis incapable d’aucun autre sentiment qu’une certaine complicité à son égard. Lui m’aime, pourtant. Enfin je crois. J’ai réussi à me lasser de l’affection de mon meilleur ami –amant, aussi, certainement. Je n’aime pas ce mot. Mais il s’agit certainement du seul qui peut définir notre ancienne relation.

Je quitterai Oslo bien assez vite ; je compte me rendre dans les cimes de Scandinavie, après cela. Qui sait, peut-être monterai-je jusqu’en Finlande, ou en Suède. Je n’ai pas réellement de plan pour être honnête. Mais je trouverai toujours une manière de m’en sortir.
Je n’ai plus le choix, désormais.




Ven
Bror
Spøgelse
First time alone
6 Janvier 1886, sur une route de Norvège

Je dois l’avouer ; j’ai peur.
Il fait si froid. Je pensais que le prochain village, la prochaine ville ne serait pas loin, mais je me suis trompée de route. Et maintenant je ne sais plus où je suis. La neige a commencé à tomber. C’est une véritable tempête, désormais. J’ai trouvé une ruine sous laquelle m’abriter. Mes bottes sont trempées. Une fois que tout cela ce sera calmé, j’espère réussir à retrouver mon chemin. Je dois retourner sur mes pas. Une demi-journée de marche. Puis, une fois pris le bon embranchement, je devrais rejoindre la prochaine ville demain en soirée. Cela, c’est bien sûr si je ne trouve pas quelqu’un pour m’y emmener. Mais je n’ai pas confiance, sur ces routes.

J’ai quitté Oslo il y a quelques semaines ; je me dirige désormais vers les cîmes de Scandinavie. Je voudrais voir les aurores boréales. Si je monte au Nord, d’après ce que j’ai entendu, je pourrais avoir une chance. Selon les légendes de mon enfance, elles sont les reflets des rayons du soleil ou de la lune sur les armures des Valkyries. Ou bien, la lumière du Bifrost. Je ne me considère pas vraiment comme croyante, mais c’est dans ce genre de moments que j’aime à penser que ces légendes sont vraies.

Il fait si froid.





Ven
Bror
Spøgelse
Message in a bottle
8 Janvier 1886, un fjord plus au nord.

J'ai cru pendant plusieurs heures que je n'allais pas survivre. La tempête s'est terminée hier, mais le soir de ma dernière entrée dans ce journal, un voyageur m'a trouvée. Nous avons profité d'une accalmie pour nous réfugier dans une auberge de passage ; jamais je n'aurais imaginé qu'une telle bâtisse puisse se trouver au milieu d'un endroit si perdu.

Je reprends des forces. Ce qui s'est passé il y a deux jours ne me dissuade pas d'avancer plus au nord. Au contraire. Le froid, la peur et l'attente d'une accalmie, je veux connaitre tout ça. L'expérimenter. Il s'agit de sensations auxquelles je n'étais pas destinée. Désormais, j'ai décidé de les vivre. Je ne veux être ignorante de rien. Beaucoup diront que c'est la cause de mon jeune âge, et c'est très certainement le cas. Mais peut-on m'en blâmer ? Je me cherche. Je veux être plus que la simple prodige de cette famille de ratés.

Ah, Jørgen. Søren. Mes frères sont les seuls envers lesquels j'ai encore un peu d'espoir. Enfin, Søren est encore jeune, mais je sais que mon jumeau sera excellent dans ce qu'il compte accomplir. Cela fait sept mois que je m'en suis séparée. Son absence me pèse.

Puisque je suis la seule qui lira jamais ceci, je peux me permettre de l'admettre. Je regrette de l'avoir quitté ainsi.

Peut-être aurais-je dû lui proposer de venir avec moi ? Au moins le prévenir ? Non. Je pense qu'il ne m'aurait pas laissé faire. Nous sommes la moitié l'un de l'autre. Seulement, j'ai été assez égoïste, à son contraire, pour m'en détacher. Et puis... je sais que Jørgen n'aimait pas Lukas. Il doit bien se douter que c'est avec lui que je suis partie... enfin, je m'inquiète, mais il n'y a aucune chance que Lukas sache où je suis. Ils ne me retrouveront pas. J'ai coupé mes cheveux à mon arrivée en Norvège, courts, et avec le bon vêtement on me prend aisément pour un homme. C'est quelque chose que j'utilise beaucoup en ce moment. Déjà, dans l'hypothèse où je croise un visage connu, cela empêche qu'eux me reconnaissent. Ensuite, me travestir m'assure une plus grande sécurité. Je sais ce qui arrive aux femmes seules.

Le voyageur qui m'est venu en aide s'appelle Erik. Il est du même âge que Lukas, un peu moins peut-être. Lui aussi se rend un peu plus au Nord. Je compte marcher avec lui, au moins pour quelques jours, puis je m'en séparerai. Il compte franchir la frontière. Je veux vivre plus longtemps dans ces montagnes.

Ah, Jørgen, si tu voyais ! Ces paysages sont magnifiques. Si tu pouvais poser les yeux sur ce que je vois, tu comprendrais, je pense, ce qui m'a poussée à partir. Copenhague ne m'offrira jamais un tel panorama.
Il me semble qu'ici je peux me reconnecter avec les mythes de mon enfance.






Ven
Bror
Spøgelse
Here there be dragons.
20 Janvier 1886, cimes de Scandinavie

J'y suis enfin.
Les cimes de scandinavie.

Cela fait des années que j'en rêvais, et désormais... je suis sur les terres de mes plus grands fantasmes. Ces montagnes ! Elles sont grandioses. Je n'ai jamais vu de sommets aussi hauts. Tout cela... le froid qui mord la pierre, ces étendues blanches qui ne semblent avoir aucune fin... tout cela me semble irréel. Je souffre du froid, comme beaucoup ici. Peu de personnes vivent dans cet endroit. Cependant, j'ai pu trouver un hameau perdu au milieu des sentiers que la neige efface. J'ai dû leur paraître irréelle également, avec mon sac et ces toiles prêtes à tendre que je transporte avec moi. En échange de mon aide dans le foyer, une famille a accepté de m'héberger pour le restant de l'hiver. J'aide les fils à trouver le bois, et la mère à s'occuper de son dernier né. Ces tâches ne me dérangent pas. Je travaille pour ma pitance, cela est normal. Jusque là, Lukas subvenait à nos besoins, bien que je m'occupe aussi des ménages qu'on voulait bien me confier. La différence est que, depuis Décembre, c'est à moi que reviennent toutes les tâches. Mais cela fait partie du tout. Je ne m'en plains pas. J'apprends vite, et j'ai de la force. J'accomplirai toutes les travaux qu'on me donnera.

J'utilise beaucoup l'aquarelle, pour peindre ces paysages incroyables. Déjà, car cette peinture s'use moins vite que l'huile que j'affectionne. Ensuite, parce que je peux la transporter partout avec moi, et sans m'encombrer, lors de mes longues randonnées. Je me suis séparée de beaucoup de choses inutiles en quittant Copenhague puis Bergen. Maintenant, il me semble que j'arrive enfin à me reconnecter à l'essentiel. Je le sens. Mon trait est meilleur. Plus assuré, plus affirmé. Il fallait cette odyssée pour que je me découvre.

Je dois laisser cette entrée ainsi ; Anna m'appelle. Anna est la mère de ce foyer qui m'accueille. Elle m'apprécie, et c'est réciproque. Je suis l'une des seules qui arrive à calmer les pleurs de son bébé. Il faut dire que j'ai toujours aimé les enfants.

Il neigera demain.



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Message Sujet: Re: Læder og maling Lun 11 Sep 2017 - 19:26





Arc 2 : Théodore.



Ven
Bror
Spøgelse
Please help me ; I'm dying
Munich, 6 Janvier 1887

Cela fait longtemps que je n'ai pas écrit. Contrairement à ma cadence de ces derniers mois. Ce silence peut aisément s'expliquer. Ma main tremble encore. J'ai failli mourir pour de bon, cette fois-ci. Le souvenir est douloureux. Trop récent. Je ne peux pas en parler, encore moins l'écrire, sans m'effondrer. Si mon arrivée fracassante dans ce grand manoir n'avait pas marchée... je serais morte, certainement. Mais le médecin a pansé mes blessures. L'infection s'est calmée. Tout ira mieux. Je suis à l'abri. En sécurité, pour la première fois depuis quoi, un, deux ans ?

Je suis arrivée il y a une semaine. J'étais sale, en sang, je sentais le voyage et arrivait à peine à me tenir sur mes deux jambes. Un homme a ouvert. Un majordome. J'ai esquissé le sourire le plus crâne que j'ai pu, et ordonné qu'il m'emmène à son maître, car j'étais l'artiste qui allait changer son existence.

Je sais. Stupide, non ?

Le plus absurde est que cela a fonctionné.

Je me doutais au vue des statues dans le jardin que ce noble aimait l'art. Ce à quoi je ne m'attendais pas, cependant, c'est d'être effectivement reçue. Pour être honnête, j'espérais m'écrouler sur le perron, et qu'ils n'aient d'autre choix que de m'aider. Mais non. Je suis entrée, et cet étrange employé m'a mené à son maître.

Mon sauveur s'appelle Théodore Eberhart.

Riche héritier, investisseur, noble réputé en Bavière, philanthrope, et, surtout, grand amoureux des arts. Jamais je ne me serais attendue à tomber sur un tel personnage. Et pourtant. Je me trouve au sein de ses murs. Il a dû s'absenter pour la semaine, mais revient demain. Je devrais certainement faire mes preuves alors, je suppose. Je suis nerveuse. Mais moins qu'avant. Au moins, la douleur dans mes os s'est atténuée. Je ne manque plus de m'écrouler à chacun de mes pas. Ils sont partis...

Je ne sais pas pourquoi Monsieur Eberhart fait cela. Recueillir une parfaite étrangère. Je ne parle qu'à peine leur langue. Mais tous les employés ici font l'effort de me comprendre, et de ce que j'ai pu apercevoir du maitre des lieux, il semble également d'une infinie bonté. Bien qu'il y ait quelque chose de dangereux dans son sourire... sans que je sache expliquer pourquoi.

Eberhart est un personnage si étrange. Fascinant. Il semble dégager un charisme et une aura magnétique.


HEY, OLD MAN
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Let me burn brightly and light the sky, let me set the world on fire and pour ashes down my path -let me be this woman I dreamed to be, 'cause you're the one who told me all this world needs is a little anarchy.
   


Jeg taler ind #9999cc
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Læder og maling

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