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This fire in which we burn [Daniel]

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Joah Andersen
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Message Sujet: This fire in which we burn [Daniel] Mar 4 Juil 2017 - 12:49

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Un cri de rage déchire le ciel chargé de nuages, résonnant entre les murs de la capitale anglaise. La voix se brise ensuite, mourant dans un râle, mais le mal est fait, et désormais la quiétude des lieux s’en retrouve perturbée. Qui pour hurler de la sorte dans un quartier d’ordinaire si calme ? Il y a peu de monde dans les rues, encore moins dans celles que le cri a ébranlé, certainement en raison de l’orage qui gronde au loin. Va-t-il recouvrir la ville de son manteau noir ? Une question que nombre de Londoniens se pose. Mais beaucoup ne veulent pas affronter les affres du temps, si celui-ci venait à se déchainer. Le vent souffle, s’engouffre dans les ruelles et gémit entre les vieilles pierres. Au milieu de cette sombre scène, qui précède l’accalmie ou l’apocalypse, une figure se tient, appuyée contre un mur. Son long manteau la protège des éléments, les pans du vêtement claquant au rythme de la bourrasque. Les longs cheveux de la femme s’agitent autour de son visage, laissés à la merci des éléments ; ils forment un halo enflammé autour de sa personne.

La femme fait face à un parc désert, à moitié dans cette rue sombre, à moitié sur le point de traverser la route qui la mènerait aux arbres. Cependant, elle n’effectue aucun mouvement. Ses pieds sont comme enracinés dans les pavés, l’échine de son dos légèrement courbée alors qu’elle baisse la tête pour relire une énième fois une lettre. Le papier entre ses doigts est froissé, sa surface légèrement rugueuse ; l’écriture quant à elle est maladroite par instants, dans une langue qui n’est pas celle pratiquée en Angleterre. Les yeux gris de Joah sont voilés de colère alors qu’ils fixent ces caractères familiers, la lettre délavée par endroits adressée à un nom qu’elle ne porte plus.

Très chère Hanne,

Elle relit ces mots deux, six, vingt fois. Se mord la lèvre jusqu’au sang. Elle n’a pas le temps pour ça, non, elle n’a pas le temps. Elle voudrait brûler cette lettre, mais quelque chose l’en empêche. Une force malsaine qui l’oblige à relire ces mots, encore et encore. Quelque chose se brise à nouveau. Enserre sa poitrine. C’est une sensation à laquelle l’artiste pensait ne jamais avoir à faire face, et pourtant…

Je ne t’en veux pas.

Culpabilité. Honte. Comment cette lettre a-t-elle pu lui parvenir ? La date indique qu’elle a voyagé durant plus d’une année. C’est un miracle qu’elle se soit retrouvée entre ses mains. Cela n’amplifie que plus sa rage. Quelle était la probabilité qu’elle soit perdue ou détruite ? Bien supérieure à celle de la recevoir. Et pourtant. Que c’est cruel.
Il lui semble qu’elle suffoque. Que ce ciel lui-même la pointe du doigt, que le vent qui fouette ses cheveux lui susurre à l’oreille son jugement pour tous ses péchés. Orgueil. Celui qui la caractérise le plus, des sept. Celui qui a précipité une légion en enfer. La Danoise est sceptique quant à ces croyances, mais il semble à ce moment avoir enfreint quelque règle céleste. Sa poitrine se tord. Elle relit ces mots.

Nos parents t’évoquent souvent. Tu as tout leur amour.

La culpabilité la fouette une fois de plus. Sans qu’elle s’en rende compte, elle a agrippé le mur de son autre main, tordant la pointe de ses ongles contre la pierre. Le vent gémit de plus belle, malmenant le papier. Désormais, il n’est presque plus qu’une boule serré dans son poing. Seule la signature est encore visible.

« BORDEL ! »

Un bruit sourd accompagne celui du vent. Son poing se heurte contre le mur, les phalanges craquant simultanément sous le choc de l’impact. Une douleur vive enflamme alors son bras, ses os douloureux et la peau arrachée par la surface rugueuse lui procurant une sensation de brûlure. Le souffle court, Joah resta silencieuse un moment, la gorge douloureuse avec avoir hurlé avec tant de force, ses lèvres rouges serrées dans une expression bien lointaine de son habituelle moue paisible. Lorsqu’elle releva la tête, ses sens l’avertissant qu’elle n’était plus la seule âme dans cet endroit désert, les yeux gris de la peintre étaient plein d’une colère amère, que l’on aurait pu croire dirigée contre le monde entier. En vérité, elle n’était destinée qu’à elle-même.

Ton frère, Jørgen.
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Daniel
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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Mar 11 Juil 2017 - 14:57

♪ Listen ♫

This Fire In Which We BurnJoah x Daniel
La silhouette humaine face contre sol se mit à inspirer profondément par la bouche, comme cherchant soudainement à remplir ses poumons d'air, dans un râle sonore et inquiétant. Face contre terre, l'homme ne put s'empêcher d'être animé de spasmes, recrachant l'eau croupie d'une flaque qu'il avait commencé à avaler, par mégarde, dans son éveil. Clignant des yeux, essayant d'échapper à cette mare, il se hissa enfin sur ses bras fébriles pour se redresser et jeter un regard sur le sol pavé détrempé par la pluie sur lequel il était tombé. A nouveau, son corps fût animé de frissons. Sa chemise blanche, tantôt immaculée, se teintait de rouge par le dos, et de noir par le devant.

Se remémorant ses souvenirs, essayant de les remettre en place, Daniel tenta de se rappeler ce qu'il s'était passé. Il recouvrit rapidement la mémoire, et se souvint de sa chute du ciel, alors qu'il traversait les nuages et l'orage, et la fin de sa course ici, contre la pierre. Il avait horriblement froid. Mouillé, vêtu de simple vêtement, une douleur tiraillait son dos meurtri, où il semblait lui manquer quelques membres. Il sentait un filet de sang chaud couler de plaies encore ouvertes, au niveau de ses omoplates.

Insufflant une nouvelle pression sur le sol avec ses mains, l'ange essaya de se mettre à genoux, manquant de choir à nouveau par perte soudaine d'équilibre. Ses yeux quittèrent le sol pour les cieux, où il jaugea du regard le torrent gris et menaçant qui semblait vouloir s'abattre sur lui à tout instant, accompagné d'un lointain grondement. Son expression, quant à elle, n'était pas préoccupée. Il tourna la tête des deux côtés de la ruelle où il se trouvait, avant de se mettre finalement sur pied et se diriger vers la droite. Il était seul. Uniquement le vent soufflait. La pluie n'allait sans doute pas tarder à tomber.

Après avoir rejoint un carrefour, aussi dénué de vie, il longea un parc. Errant, il observait l'architecture des lieux tout en plissant les yeux, tout en cherchant quelque chose de l’œil. Il s'arrêta finalement devant un écriteau avec le nom d'une rue. "Street". Il inclina la tête, et se mit à sourire.

Londres, souffla-t-il en même temps qu'une bourrasque de vent.

Alors qu'il eut prononcé ce mot, il se figea sur place, l'air plus surpris. Il chercha vivement du regard autour de lui. Quelqu'un d'autre avait parlé en même temps que lui, accompagné d'un autre son. Et ce qu'il avait entendu l'avait saisi. Il contourna l'angle de la rue, avant d'apercevoir enfin une personne.

La jeune femme en face de lui releva les yeux. Il les fixa avec intensité sans plus pouvoir s'en détourner. Jamais il n'avait vu une telle colère dans des yeux. Loin d'être une colère divine, c'était viscéral. Bien plus profond et plus sombre. Lui qui avait eu pour habitude de voire à travers les yeux des humains, il devait se rappeler que c'était la première fois qu'un humain posait le regard sur lui.

Ange de la première hiérarchie, jamais il n'avait eu à descendre directement sur terre. Les circonstances étaient pourtant différentes. Et tout le resterait à présent.

Vous saignez, fit-il remarquer, en lâchant finalement son regard pour se concentrer sur son poing. Il allait sans dire que lui-même était entrain de tâcher le sol avec son propre sang.
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“It is mine to avenge; I will repay,” says the Lord."
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Dernière édition par Daniel le Jeu 24 Aoû 2017 - 20:50, édité 1 fois
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Joah Andersen
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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Mer 12 Juil 2017 - 21:18

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La première impression qu’eut Joah en relevant les yeux fut de contempler une eau calme. Le regard de l’intrus était si différent du sien. Il semblait à la scandinave qu’elle était sur le point de se consumer ; jamais elle n’avait expérimenté une telle colère. C’était quelque chose de fulgurant, violent. Joah n’était pourtant pas quelqu’un de violent. Malgré ce qu’elle avait vécu durant ses années d’errance, la jeune femme avait toujours tiré une grande fierté du contrôle qu’elle avait sur elle-même. De sa faculté à canaliser ses émotions. Et pourtant. Comme une bombe à retardement, tous ces sentiments négatifs lui revenaient désormais, tel un torrent. C’était douloureux. Autant pour sa fierté que physiquement. Elle suffoquait. Elle avait crié. Ses membres tremblaient. Pourtant, cette fois-ci, son corps refusait de se livrer à la plus simple, élémentaire façon de se soulager. Les yeux gris de la peintre ne lâchaient aucune larme.

C’était ce genre de fureur ; si sèche qu’elle consumait même ses pleurs. Si forte que, même en se sachant découverte, elle ne se taisait pas. C’était un monstre. Un monstre de colère et d’orgueil qui sommeillait en elle depuis que la notion de honte lui avait été inculquée. La jeune femme peinait à procéder le monde autour d’elle –de complètement réaliser qu’un homme se tenait devant elle. Un homme qu’elle ne connaissait pas. Un homme qui aurait très bien pu être animé de mauvaises intentions, attiré ici par son cri.

« Hvad ? »

Sa voix lui semblait être un aboiement ; le timbre naturellement suave s’était brisé sous son hurlement, donnant à cette interjection dans sa langue natale un caractère agressif. Quoi ? Que veux-tu ? Dans son état normal, la question aurait été moqueuse. Ici, elle était seulement agressive. Il la fixait. Non –plus exactement, il fixait ses yeux. Qu’avaient-ils, ses yeux ? Ah… sûrement cette lueur étrange qui les animait. Elle ne pouvait pas l’en blâmer. Elle aussi, si elle avait eu l’occasion de voir son expression à cet instant précis, en aurait été estomaquée.

La rousse sert les dents. Machinalement. Pourquoi ? Ah, oui. Douleur. Ça lui revient. Elle l’avait oubliée. Son bras est comme paralysé par le choc. Elle ne peut plus bouger sa main. La douleur la brûle, le sang coule sur ses phalanges. Depuis quand frappe-t-elle aussi fort ? Elle n’en sait rien. Ça fait mal. Pourquoi avoir frappé ce mur ? Aucune idée. Un réflexe impulsif. Cela ne la soulage aucunement, mais vient au moins apporter une distraction à la douleur.

« Vous saignez. »

Pourquoi est-il si calme ? Il semble détaché de tout cela. Le vent revient agiter les cheveux de Joah, les plaquant contre son visage. Ça l’agace. Elle y porte la main, naturellement, grimace quand le membre douloureux n’arrive qu’à effleurer son front. Elle y laisse un peu de sang.

« Qu’est-ce que ça peut vous faire ? »

Elle sert toujours cette maudite lettre dans sa main. Le vent ne la lui arrachera pas. Pendant un instant, elle s’étonne que le visage de l’homme soit si propre –totalement imberbe, alors que sa tenue est salie. Un réflexe. Déformation professionnelle, pourriez-vous dire. Puis la colère revient. Elle semble vouloir dire quelque chose, mais aucun mot ne sort. Elle est trop estomaquée par son propre ressentiment. Joah fixe seulement son regard ; ce regard si calme. C’est tellement étrange. Ce calme –il ne lui semble pas appartenir à ce monde. A cette rue. A ces éléments menaçants. Qui est-il ? Enfin, la question lui traverse l’esprit. D’où vient ce rouge, sur les pavés ?

Sa voix éteinte au fond de sa gorge, Joah fait un pas. Ah, elle doit sembler effrayante, ainsi ; échevelée, le regard sombre et furieux, fixant ainsi cet homme. Ses sentiments sont mélangés. Elle n’arrive plus à penser de façon cohérente. Elle veut hurler. Frapper ce mur une seconde fois. Hurler encore. Brûler cette lettre. Cette ville. Le continent si cela peut apaiser sa colère. Cependant…
Une question la taraude.
Quelque chose ne va pas.

D’où vient ce rouge ?

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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Mer 19 Juil 2017 - 12:24

♪ Listen ♫

This Fire In Which We BurnJoah x Daniel
Hvad ? , avait-elle lâchée à son encontre. Daniel n'était pas étranger à cette langue. C'est simple, il les connaissait toutes. Le sens ne lui était donc pas étranger, qu'il soit en anglais ou danois. En revanche, le ton l'était. Elle respirait fortement, comme n'arrivant à calmer sa respiration. Son corps entier était prisonnier de tremblements. C'était de la pure colère. Et il devait l'avouer, il en était bouleversé.

Jamais il n'avait dû faire face à ce genre de situation par le passé. La plupart du temps, en temps de guerre céleste, il avait toujours été mis de côté, écarté pour ne pas à avoir à se battre. Il ne savait tout simplement pas, ce qu'il devait faire. Quelque part, en lui, il perdait petit à petit son calme... rester stoïque face à cela ? Comment le pourrait-il ? Il n'en était pas moins intrigué pour autant. Comme découvrant une nouvelle facette de ces petits hommes ... il connaissait déjà le concept, mais le ressentir, c'était différent.

Alors qu'elle semblait serrer les dents, et que le sang continuait de couler sur le pavé, il ne pouvait s'empêcher de sentir son propre sang couler aussi de concert. Une bourrasque de vent vint la décoiffer, et elle replaça ses cheveux, dans un mouvement qui laissa une marque de sang sur son visage. Dans cette attitude guerrière, Daniel n'eut d'autre réflexe que de se figer. Il n'osait ni faire demi-tour, ou même de regarder ailleurs. Il était tout concentré sur elle. Mais il n'arrivait pas à utiliser ses pouvoirs pour connaître la vraie nature de son âme.

Qu’est-ce que ça peut vous faire ? , lui répondit-elle sèchement. S'il avait n'importe quel autre de ses semblables, peut-être qu'en effet, cela avait aucune importance pour lui. Mais il était un ange. Et même si son statut de magistrat l'avait éloigné de tout ceci, il se devait encore d'aider les enfants de Dieu. Il restait calme pour le moment, mais il pouvait le tressautement de son coeur dans sa poitrine.

C'est alors qu'elle fit un pas en avant. Ce mouvement lui fut perçu comme une menace directe. Lui qui était encore marqué par un récent châtiment, il avait peur d'être encore une fois "victime" d'une violence envers lui. Il n'eut que le réflexe de reculer, pour rester à bonne distance d'elle. Pieds nus, il glissa sur le sang qu'il avait lui-même laissé sur le sol, et retomba sur le dos.

Endolori d'avoir chuté sur ses plaies, il se retourna sur le ventre, en cherchant à se protéger d'elle en se couvrant la tête de ses mains.

Jeg kommer i fred ... , lança-t-il à son adresse, d'une voix plus rauque, trahissant sûrement son inquiétude d'être frappé de nouveau. Peut être serait-elle plus encline s'il parlait dans sa langue. Il voulait tout faire pour l'apaiser. Il pouvait à nouveau ressentir ce qu'il avait ressenti au moment où on l'avait puni : la peur.  Je voulais juste aider. Mais sa propre peur ne l'empêchait pas de s'inquiéter aussi pour elle.

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Dernière édition par Daniel le Jeu 24 Aoû 2017 - 20:51, édité 2 fois
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Joah Andersen
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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Mer 26 Juil 2017 - 11:12

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La réaction de l’homme devant elle lui fit l’effet d’une douche froide.

Alors que celui recule, la fixant sans ciller, une brève pensée la traverse : est-elle si effrayante ? Jamais personne ne l’a regardée comme cela. L’inconnu glisse, tombe. Une brève incompréhension. Sur quoi a-t-il glissé ? La réponse revient, comme une litanie.
Ce rouge sur les pavés.
Endolori, mais semblant déterminé à se protéger de la menace qu’elle représente, le brun se retourne désormais, ses bras venant entourer sa tête dans un geste défensif. La position qu’il a adoptée expose son dos. Sa chemise est trempée de ce même rouge. Elle lui colle à la peau. L’écarlate trace d’étranges sillons dans le tissu. Quelque chose ne va pas. Pourquoi est-il si effrayé ? D’où vient ce rouge ?

« Jeg kommer i fred… »

Ces paroles lui font l’effet d’un choc électrique. Deux raisons. La première est la langue employée. Un danois maitrisé, sans aucun accent. D’où vient-il ? Cela fait des années qu’elle n’a pas entendu sa propre langue dans la bouche de quelqu’un d’autre. Et avec cette lettre… elle sert le poing. Quelque chose se noue au fond de sa gorge. Ce ne sont que des mots, mais cela l’ébranle plus que ce que l’on pourrait croire. La seconde raison est le sens de ces paroles. Jeg kommer i fred. Le genre de paroles que l’on ne prononce qu’en cas de danger imminent. Lorsque notre interlocuteur est sur le point d’attaquer. Lorsqu’on est vulnérable. La voix de l’homme est plus rauque. Comme coupée par l’angoisse, ou la douleur.

« Je voulais juste aider. »

Joah le fixe, son regard gris mêlant colère et confusion. Aider ? Aider qui ? Pourquoi ? Soudain, elle prend conscience de son propre sang qui coule sur les pavés. Les teintant de rouge.
Rouge. Pavé.
Son sang.


Ce rouge, sur les pavés.
C’est du sang.

Son souffle se fige un instant. La jeune femme fixe l’homme. Ses cheveux entre ses doigts. Son regard descend, jusqu’à la chemise souillée. Là, elle comprend. Une partie du brouillard s’éclaircit. Du sang. Il saigne. Il est blessé. A travers le tissu clair, elle peut apercevoir la ligne des plaies qui déchirent sa peau. Quel genre de tordu irait infliger cela ? Là, elle comprend. Il est blessé, il a peur. Et elle, furieuse, lui apparaît comme une menace.

Les talons de ses bottes résonnent contre les pavés alors qu’elle s’approche.

« Je ne vais pas vous faire de mal. »

Son ton est sec, malgré ce qu’elle affirme. Sa voix se brise à la fin. Les mains pâles de la jeune femme tremblent. Dans un geste brusque, elle fourre la lettre dans sa poche. Réduisant la distance entre eux, la rousse baisse légèrement la tête, observant une fois de plus l’homme. Son esprit est embrumé, la sensation lui rappelant celle de l’ivresse, sauf qu’aucun de ses sentiments n’est atténué. Il lui semble s’être retrouvé dans une sorte de rêve lucide.

« Vous saignez. » Elle utilise les mêmes mots que ceux que l’homme a employés plus tôt. Le son de sa propre voix lui semble étranger. « Qu’est-ce qui s’est passé ? »

Joah le fixe. Ses yeux gris laissent clairement transparaître ses sentiments confus. La peintre défait quelques boutons de son manteau. Hésite. Puis elle retire les manches, tirant sur la fabrique sombre, et laisse tomber le vêtement sur les épaules de l’homme. Il est trempé.


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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Mar 1 Aoû 2017 - 14:16

♪ Listen ♫

This Fire In Which We BurnJoah x Daniel
Un instant plus tard, elle bougeait. Il entendit ses chaussures contre les pavés, se rapprocher inéluctablement de lui. Aucune cachette assez proche ne pourrait de toute manière le protéger. Il était fait.

Je ne vais pas vous faire de mal, affirme-t-elle sèchement. Les mots sont beaucoup moins durs, mais la douceur qu'ils sont censés d'ordinaire insuffler est absente. Une présentation de paix bien contradictoire et incompréhensible pour l'être de lumière. Daniel reste prostré, derrière ses mains, sans faire le moindre geste.

Il ne savait pas s'il pouvait réellement lui faire confiance. Il avait essayé, et à aucun moment il n'avait réussi à sonder son âme en quête de vérité. La vérité était devenue muette. Il n'avait pas l'habitude des comportements sociaux, il s'en rendait bien compte, par conséquent, il n'avait aucun moyen de savoir si cette humaine habitée de colère pouvait oui ou non retenir ses coups. Il eut pourtant rapidement un signe.

Vous saignez. Qu’est-ce qui s’est passé ?, l'interrogea-t-elle une fois à sa hauteur. Le sang continuant de couler de son dos, sa chemise était bien trop tâchée pour qu'elle ne le remarque pas. Ses pieds nus étaient aussi souillés, maintenant qu'il avait glissé. Comme elle semblait légèrement se préoccuper, il abaisser ses bras, et tourna son regard vers elle.

Et c'est au même moment qu'il sentit quelque chose se poser sur ses épaules. Le manteau de la jeune femme portait encore la chaleur de son corps. Lui qui n'avait connu que humidité et froid depuis son arrivé, cette attention suffit à le calmer.

Ils m'ont punis, répondit-il d'une voix plus posée baissant le regard. Il tira un instant le manteau au niveau de l'épaule comme pour le réajuster. Il se savait blessé, mais la douleur ne lui importait peu. Il redirigea à nouveau ses yeux vers elle. Sa colère semble s'estomper. Daniel vient alors poser une main sur le sol, avant de se relever.

Elle semblait ne plus être une menace, étrangement. Il avait l'impression d'avoir dramatisé un instant à cause de ce qui lui était arrivé. Il s'en voulait de l'avoir mal jugé sur une simple impression. Il s'approcha d'elle en tendant la main, avant de venir prendre celle de la jeune femme, qui était blessée. Il voulait observer ses écorchures.
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Dernière édition par Daniel le Jeu 24 Aoû 2017 - 20:51, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Lun 7 Aoû 2017 - 16:11

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Le vent la fouettait à son tour. Sans la protection de son manteau, il s’engouffrait à travers le fin tissu de sa chemise et mordait son cou, sa poitrine, chaque parcelle de son corps n’étant pas assez protégée. Comme un amant violent, passionné, destructeur, chaque caresse étant une griffure. Elle pouvait sentir sa peau rougir par endroits. Mais rien ne pouvait réellement effacer la douleur dans ses doigts. Comment pouvait-elle frapper si fort ? La plaie formée la brûlait. Ses sanglots restés coincés dans sa gorge la brûlaient. C’était douloureux –jamais elle n’aurait pu imaginer que la colère puisse à ce point faire souffrir. Fermant un instant les yeux après avoir croisé le regard de l’homme, son souffle irrégulier se figea un bref instant. Elle se sentait si étrange. Comme souillée par cette rage. Drainée. Peu à peu, les tremblements de ses mains cessaient. La colère disparaissait lentement, laissant place progressivement à un bien amer désarroi.

« Ils m’ont puni. »

La voix de l’homme la sortie de ses pensées. Un instant, elle le fixa, alors qu’il semblait avoir regagné son calme. Malgré la blessure dans son dos, le brun se releva, rajustant le manteau sur ses épaules. Le vêtement lui serait certainement un peu petit, mais il était chaud. Vu son état, cette chaleur serait sûrement la bienvenue.

Puni ? Quel genre d’individu punissait quiconque par la torture ? C’était ce qui s’en rapprochait le plus, à ses yeux. Rien d’autre ne pouvait expliquer ces horribles entailles. A ses mots, la jeune femme fronça les sourcils. Marquant son incompréhension. La colère quittait son regard. Remplacée par une sourde inquiétude.

« Quel genre de malade peut-il punir ainsi ?... »

Elle ne comprenait pas. Comment pouvait-il être aussi calme ? Se relever de la sorte ? Tout cela paraissait presque irréel. Joah ne le remarqua pas tellement s’approcher, mais lorsqu’il fut devant elle, la danoise remarqua ses pieds nus. Souillés par son propre sang. Ses lèvres s’ouvrirent sur une question qui ne vit pas le jour. La jeune femme se figea presque aussitôt. Son regard gris remontant jusqu’à sa main, qu’il tenait désormais dans la sienne. Nul doute, pour observer sa blessure. Elle ne comprenait pas. Son regard avait été un instant paniqué, avant qu’elle ne rende compte qu’il ne la tirait pas vers lui. Ne serrait pas sa main pour l’empêcher de s’enfuir. Ce geste était purement bienveillant.

« Qui êtes-vous ? »

Enfin, la question arrive. Qui est cet homme aux blessures profondes et au calme irréel ? Cet homme qui semble plus importuné par ses égratignures que par son propre sang sur les pavés ? La voix de Joah est un murmure. Un peu brisé, son ton marque plus l’incompréhension que la violence. La lettre a été reléguée en second plan dans ses pensées.

Celles-ci sont désormais focalisées sur cet étrange homme aux yeux bleus, et sur ce sang si rouge.





HEY, OLD MAN
    « WATCH ME BURN. »

Let me burn brightly and light the sky, let me set the world on fire and pour ashes down my path -let me be this woman I dreamed to be, 'cause you're the one who told me all this world needs is a little anarchy.
   


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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Mer 9 Aoû 2017 - 8:19

♪ Listen ♫

This Fire In Which We BurnJoah x Daniel
—  Quel genre de malade peut-il punir ainsi ?..., lui demanda-t-elle d'une voix interdite, en fronçant les sourcils et se montrant plus inquiète. Il s'en voulait d'avoir pu croire un instant qu'elle pourrait lui faire du mal. Elle était peut-être loin d'être une sainte, mais elle n'était pas non plus le diable en personne.

Le concept de la violence était pourtant facilement ancré dans la culture humaine. Daniel s'étonna légèrement de sa réflexion. Malades ? Bien sûr qu'ils ne l'étaient pas. Il avait subi un juste châtiment, au vu de ce qu'il s'apprêtait à faire. Certes, ce n'était peut être pas juste d'un certain point de vu, mais Daniel l'avait accepté, et n'avait aucune colère en lui.

Il n'était pas un ange guérisseur. Il ne l'avait jamais été de toute son existence. Non pas que le sujet ne l'intéressait pas. Ce n'était simplement pas son rôle. Sa raison d'être aux cieux, était d'une autre nature que celle de soigner le corps. Il tapota délicatement les mains de la jeune femme, avant de les laisser. Il ne pouvait pas l'aider pour cela. Il releva les yeux, sans répondre à sa question.

—  Qui êtes-vous ?, fit elle finalement dans un demi-murmure. Plus elle prenait conscience de l'état de l'ange, plus elle semblait perdre pied. Daniel fut marqué par une expression navrée, mais restant bienveillant, il apposa sa main sur l'une des épaules de la jeune femme. Il la regardait dans un yeux, toujours aussi calme.

Ne vous en faites pas pour moi. Je ne souffrirais pas longtemps, répondit-il simplement pour la rassurer. Il ne quittait plus ce sourire simple. Mais cependant, il était soudainement en proie à une nouvelle inquiétude. Sa nature, son nom, devait-il être révélé ? Devait-il vraiment le lui raconter? Ou serait-elle en danger, si jamais des anges venaient à sa recherche ... elle ne risquait pas la mort, c'était certain, mais il n'avait pas envie qu'elle ne soit un dommage collatéral.

Je ne suis pas important, souffla-t-il, avant de venir retirer le manteau précédemment cédé pour le lui rendre. Elle en avait beaucoup plus besoin que lui. Il n'avait jamais eu aussi froid de sa vie, c'était vrai. Mais il sentait qu'au plus profond de lui, il s'y habituerait. Il ne risquait pas d'attraper un rhume au contraire d'elle.

Relevant les yeux vers le ciel, l'orage redoublait de grondement, et Daniel remarqua qu'il s'était mis à pleuvoir. Il rebaissa ses yeux vers Joah.

Vous n'avez nul part où vous abriter?, s'inquiéta-t-il à son propos. S'il avait eu ses ailes, il se serait sûrement envolé depuis longtemps. Il n'avait étrangement lui non plus nul part où aller. Et se demandait bien à présent ce qu'il devait faire ici. Se cacher? Sûrement. Mais quelle était sa nouvelle fonction ? Son nouveau but ? Il l'ignorait encore. Mais il savait qu'il trouverait bientôt la réponse à cette question. Il n'avait nul crainte quant à ses blessures ou son destin. Car il savait que Dieu était à ses côtés.

Pourtant la douleur, s'intensifiait avec le temps. Et la perte de son pouvoir de clairvoyance ne pouvait que présager une chose...


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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Ven 11 Aoû 2017 - 14:53

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Le sang sur les pavés n’était pas la chose qui inquiétait le plus Joah. Etrangement, c’était le sourire serein de l’homme. Un sourire simple. Comment cette expression pouvait-elle étirer ses lèvres, alors que son dos était lacéré de la sorte ? Il semblait à la jeune femme que son propre état n’inquiétait pas l’homme outre mesure. Pourtant, il trempait les pavés de rouge. Sa réaction, plus tôt, montrait qu’il était malgré tout craintif. Et pourtant… aucune douleur dans son regard ; pas de colère. Comme si sa propre peine n’avait aucune importance.

« Ne vous en faites pas pour moi. Je ne souffrirais pas longtemps. »

Il avait relâché ses doigts, posant une main sur son épaule. Son expression navrée semblait vouloir la rassurer, mais c’était tout le contraire.

« Je ne suis pas important. »

A ces mots, il avait commencé à retirer le manteau de ses épaules. C’est alors que Joah prit conscience de la pluie qui commençait à tomber, menaçant de les tremper tous deux. La danoise posa une main sur les siennes, lui intimant silencieusement de s’arrêter. Elle n’allait pas reprendre le vêtement ; il en avait bien plus besoin qu’elle. Elle n’avait pas le dos déchiré. Et elle survivrait à cette pluie. Ce temps n’était rien, comparé à ce qu’elle avait enduré, par le passé.

Ces paroles la dérangeaient. Comment pouvait-il dire une chose pareille ? Joah reconnaissait la futilité de l’existence, mais c’était pour elle cet état de fait qui lui donnait son importance. Personne ici-bas ne valait moins qu’un autre. Tous luttaient pour survivre, à leur manière, et c’était cette lutte continuelle qu’elle admirait. Alors, que cet homme dénigre ainsi sa propre existence… non. Elle avait froncé les sourcils, légèrement. Encore plus atterrée.
On aurait dit une coquille vide.

« Vous n'avez nul part où vous abriter ? »
« Qu’est-ce que vous racontez ? »

Elle l’avait coupé. Sa voix rauque marquée par la surprise, et un certain agacement.

« Tout le monde est important. »

Joah était une personne égoïste sur beaucoup de points. Injuste sur nombre d’autres. Bornée, parfois inconstante. Mais sur cette question… de plus, touchant un être qui semblait ne plus rien avoir… alors, non. Elle ne pouvait pas simplement acquiescer. La rouquine fit un pas vers lui, resserrant d’elle-même le manteau autour de ses épaules. Ses cheveux commençaient à coller à son visage pâle. Effaçant par la même occasion le sang sur son front.

« Vous ne devriez pas vous inquiéter pour moi. » Son altruisme la décontenançait. « Tout va bien de mon côté. J’ai un chez-moi. » Une pause. Elle fixa ses yeux calmes ; ses mains tenant toujours les pans du manteau. « Mais qu’en est-il de vous ? »

D’une main, elle dégagea ses cheveux roux, devant ses yeux. De la même manière que l’homme, quelques instants plus tôt, ses yeux gris se portent vers le ciel. Ces nuages noirs, furieux. Comme si sa colère avait alimenté la tempête.

« S’il vous plait. Laissez-moi vous aider. »

Que cherchait-elle exactement ?

Une voix insidieuse au fond d’elle lui soufflait que le mot était repentance.





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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Jeu 17 Aoû 2017 - 17:01

♪ Listen ♫

This Fire In Which We BurnJoah x Daniel
—   Qu’est-ce que vous racontez ? , coupa-t-elle aussitôt sèchement. Elle lui semblait indignée qu’il pose la question. Mais en réalité il se rendait bien vite compte que cela n’avait rien à voir avec la demande. Mais l’affirmation précédemment déclarée.

—   Tout le monde est important.

Daniel ne s’était jamais senti important. Certes, et comme tous, il faisait partie des maillons d’une chaîne. Il avait son rôle à remplir. Comme tous ses frères. Et tous les humains. Et quelque part, les démons aussi. Mais ça n’avait fait des gens plus importants. En sommes, oui, elle avait raison. Ils étaient tous importants. Comme ils ne l’étaient réellement. Il hochait légèrement la tête, lui accordant au moins cela.

N’était-ce seulement que sa condition, et dans l’état dans lequel elle le voyait qui lui faisait dire cela ? N’avait-elle que la pitié pour lui en cet instant ? Il était peiné de voir que ce fut le cas. Non pas pour lui, mais pour elle. Quelle vision il donnait.

—   Vous ne devriez pas vous inquiéter pour moi. Tout va bien de mon côté. J’ai un chez-moi.

Elle semblait beaucoup plus calme. Posée. Mais ses paroles contrastaient avec son humeur, la première fois qu’il posa les yeux sur elle. Elle avait complètement changé d’attitude. Il la croyait bien sûr, quand elle disait avoir un logis. Jamais il n’aurait même imaginé un seul instant que quelqu’un puisse lui mentir sans qu’il ne le sache. Bien qu’il n’eût en réalité plus aucun moyen de le savoir. Une habitude qu’il aurait énormément de mal à se débarrasser.

—   Mais qu’en est-il de vous ? , s’enquit-elle, assez inquiète à son sujet.

Lui. Qu’en était-il en effet. Il venait d’arriver sur terre. Sans nulle part où aller. Sans but. Il ne savait même pas ce qu’il faisait ici. Comment il y était arrivé. Et cela, elle devait le savoir. Elle devait le voir. Qu’il était totalement perdu. Dans un monde étranger au sien. Daniel n’aurait pourtant jamais pouvoir inquiéter autant une personne, alors que lui-même restait calme. Peut-être… était-ce cela qui l’inquiétait ?

Ange de son état, il n’avait aucune notion de bien. Un logement ? Quoi en fait ? Il n’avait jamais rien possédé. C’est pour cela qu’il n’avait pas l’impression d’avoir réellement perdu quelque chose. Si ce n’était une extension de son corps. Vivre en plein air, bien que ce n’était jamais sous une pluie froide, il avait toujours vécu. Bien que le jardin d’Eden était bien loin d’être les rues grises de Londres.

—   S’il vous plait. Laissez-moi vous aider.

Trempés tous les deux, Daniel ne voulait la retenir plus longtemps à ses côtés. Elle se condamnait à rester avec lui sous cette pluie. Il devait faire un choix. Mais il lui était étrangement énormément compliqué d’en faire un. Il avait toujours eu à obéir, faire ce qu’on lui demandait de faire. Ce pourquoi il existait. A présent, il devait faire ses propres choix. Et cela aurait ses propres conséquences. Il n’avait pas l’habitude.

J’ignore comment vous le pouvez. Mais soit. J’accepte.

Il se devait d’accepter. Sa douleur semblait empirer avec les minutes. Mais ce n’était pas la seule chose qui faisait peser ce choix dans la balance : c’était aussi un moyen pour lui de se montrer juste. On ne refuse jamais l’aide de quelqu’un. Il faut honorer sa proposition. Comme un hôte qui vous invite. Ou un présent. On doit toujours faire honneur. Son sourire bienveillant ne le quittait plus.



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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Mar 22 Aoû 2017 - 12:22

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Elle avait retenu son souffle, après avoir formulé cette demande. Cela, elle s’en rendit compte lorsque le manque d’air commença à se faire sentir. Pourquoi lui avoir proposé son aide ? Beaucoup auraient quitté cette ruelle depuis longtemps ; cependant, l’homme devant elle lui semblait trop blessé, trop perdu pour qu’elle ne l’ignore. Joah connaissait le sentiment de se retrouver livré à soi-même, dans un endroit inconnu. Elle l’avait vécu. Peut-être se serait-elle comportée différemment, si le monde s’était acharné sur elle, mais non. Au terme de ses errances, bien que cela ait été entièrement les conséquences de ses décisions, on lui avait tendu la main. Saisir cette chance lui avait permis d’accéder à une vie nouvelle, à quelque chose qu’elle n’avait jamais soupçonné. Alors, il lui semblait désormais devoir rendre la faveur. Même si ce n’était que pour qu’il se sèche. Mange. Se repose, après ces horribles blessures.

« J’ignore comment vous le pouvez. Mais soit. J’accepte. »

Le regard gris de la scandinave se reposa sur lui. Un mince sourire, presque imperceptible, étirant les coins de ses lèvres. Pourquoi cette attente avait-elle suscité tant d’anxiété en elle ? La jeune femme ne comprenait pas. Elle était comme une corde tendue ; la moindre émotion l’ébranlait. Devinant la forme de la lettre, dans ce manteau qu’elle lui avait prêté, sa gorge se serra une fois de plus. La colère avait laissé place à la honte et à la tristesse.

Elle avait abandonné sa moitié, et celui-ci l’avait pardonnée. Comment pouvaient-ils être jumeaux, mais si différents ?

« Venez. »

Machinalement, elle prit sa main dans la sienne. Pour le guider, s’assurer qu’il ne tombe pas à cause de ces blessures qui déchiraient son dos, mais peut-être également qu’au fond la jeune femme cherchait avec ce contact une forme de réconfort. Elle se mit à marcher ; les talons de ses bottes claquant sur les pavés. Son pas d’ordinaire rapide s’adaptait à celui de l’homme. Elle ne savait pas quel rythme il pouvait tenir.

Restant silencieuse un long moment, alors que le parc disparaissait derrière eux et qu’ils traversaient les rues désertes, s’approchant de son logis, la danoise tourna finalement son visage vers lui. Elle souriait, sans trop savoir pourquoi.

« Je m’appelle Joah. »

Après lui avoir donné son nom d’imposteur, la jeune femme réalisa la raison de ce sourire étrange. Sa vision était trouble, mais la pluie n’en était pas l’unique responsable. Sur ses joues constellées de tâche de rousseur, la pluie se mêlait aux larmes : elle pleurait.




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Message Sujet: This Fire in Which We Burn - Part 6 Jeu 24 Aoû 2017 - 11:18

♪ Listen ♫

This Fire In Which We BurnJoah x Daniel
La jeune femme le regarda à nouveau, avec un mince sourire. Il remarqua pourtant la constriction de sa gorge. C'était comme si de nombreuses émotions contradictoires s'y étaient logées sans son consentement. Elle avait exprimée une colère vive. Mais à présent, cela lui semblait être une toute autre chose... et cela elle le gardait pour elle. Une chose beaucoup plus sourde que sa rage, qu'elle ne voulait laisser sortir et exprimer.

Venez, ajouta-t-elle seulement à son adresse, avant de venir le prendre par la main. A son contact, Daniel ne bougea pas. Il ne fit aucun mouvement pour la dissuader. Il vit ce geste uniquement dans son angle pratique : elle allait le guider. Elle engagea même le premier pas vers le chemin qui était le sien. Il ne put s'empêcher de constater que se mouvoir alors qu'il était blessé était d'un coup devenir très peu supportable. Mais combien même il se sentait peu à peu faiblir, il essayait de ne pas la ralentir de trop. L'adrénaline ne faisait plus son effet.

Durant cette nouvelle excursion dans les rues froides et désertes de Londres, mais cette fois accompagné de ce qu'on pourrait appeler un ange gardien temporaire, le déchu regardait autour de lui, observant les bâtiments, le parc duquel ils s'éloignaient, et enfin la jeune femme qui s'était quelque peu tourné vers lui.

Je m'appelle Joah, lança-t-elle. Son visage était souriant, mais quelque chose n'allait pas. Ce n'était pas une réelle harmonie. Et ce n'était pas les gouttes de pluie sur son visage, mais les larmes qui s'y étaient mêlés. Daniel avait remarqué. Il resserra la main de Joah, constatant étrangement que celle-ci était beaucoup plus calleuse que la sienne. Il n'avait jamais eu à se servir vraiment de ses mains, c'était comme si elles étaient neuves. Sans défaut. Une différence qui lui rappelait qu'il était bien en présence d'un humain. Et qu'il devait en prendre compte.

Pourquoi pleurez-vous ? , lui demanda-t-il très innocemment. Il était curieux de savoir comment elle pouvait passer de la colère et la tristesse, car il ne savait finalement pas beaucoup sur les émotions humains. Il avait toujours existé pour juger des actions, mais depuis bien longtemps, il se demandait si les raisons des actions n'étaient pas plus importantes ... comme le cas de Zelus. Qui lui avait valu sa place au paradis.

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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Mar 29 Aoû 2017 - 21:35

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Joah chassa les larmes de ses yeux du dos de la main, alors que le sang n’avait pas complètement séché et que la pluie battait la plaie. Tous deux étaient trempés. Les cheveux flamboyants de la jeune femme collaient à ses tempes, et le contact de sa chemise mouillée contre sa peau n’était pas une sensation qu’elle aurait pu honnêtement qualifier d’agréable. Son sourire ne l’avait pas quittée. Il faut dire qu’elle s’était tellement entrainée que désormais celui-ci prenait constamment place sur son visage. Pour une raison valable comme par automatisme, d’ailleurs. Cependant, ce sourire-là n’était pas celui, narquois, qu’elle présentait à ses clients. Il était bien plus sincère –et triste.

« Pourquoi pleurez-vous ? »

L’homme à ses côtés lui sembla irradier d’innocence alors qu’il posait cette simple question. Etrangement, cela paraissait sincère ; pas une question posée par automatisme. Par convention. Etait-ce car elle n’était pas dans un état normal, ou bien en raison de l’innocence de cette question, que sa réponse la surprit elle-même ? Celle-ci, loin d’être sarcastique, fut sincère.

« Parce que j’assume désormais le poids de mes actes. » Elle le regarda à nouveau. Son sourire s’était légèrement élargi, et elle chassa une nouvelle larme. « Et j’ai assez crié. »

Soupirant de soulagement alors qu’ils arrivaient face à un immeuble familier, la jeune femme entraina le blessé à l’intérieur. Lui intimant le silence d’un simple geste, alors qu’ils passaient devant la porte de sa vieille voisine, et proclamée par les quelques résidents de cette petite bâtisse, gardienne des lieux. Rentrer si tard, dans un tel état et accompagnée d’un homme ne manquerait pas de piquer sa curiosité. Joah savait que l’aïeule l’appréciait, mais celle-ci s’interrogeait, comme beaucoup, sur ses mœurs. Ne pas lui donner de quoi plus s’inquiéter lui semblait être une sage décision. De plus, comment expliquer cette situation ? Non, elle ne pourrait pas l’expliquer.

Joah mena l’homme jusqu’en haut des marches. S’assurant de rester à son rythme. S’il ne se plaignait pas, la danoise devinait bien que ses plaies devaient le faire souffrir. Et elle ne voulait pas qu’il s’évanouisse au beau milieu de l’immeuble. Le trainer jusqu’à chez elle serait ardu. Elle n’avait toujours pas lâché sa main.

La jeune femme détacha finalement ses doigts alors qu’ils arrivaient devant une porte de bois clair ; quelques tâches de peintures coloraient la poignée. Joah se pencha vers lui, murmurant : « Il faut que je récupère les clefs. » avant de fouiller dans la poche gauche du manteau qu’elle lui avait prêté. Ses doigts effleurèrent le métal, et un bout de papier humide, qu’elle sortit par la même occasion. Ses yeux se voilèrent une fois de plus. La jeune femme ouvrit la porte, le prenant par le bras et le trainant prestement à l’intérieur lorsqu’elle entendit le bruit d’une porte s’ouvrant, à l’étage. Une fois fermée, elle poussa un soupir de soulagement. La lettre était serrée contre sa poitrine.

« Enfin. »

Le calme de son atelier l’enveloppa, lui procurant un réconfort immédiat.


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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Jeu 31 Aoû 2017 - 11:51

♪ Listen ♫

This Fire In Which We BurnJoah x Daniel
Elle avait déjà essayé de chasser ses larmes du revers de la main, mais la pluie battante semblait se moquer totalement de ce geste, couvrant presque aussitôt le peu qu'elle avait tenté vainement d'essuyer. Il devenait difficile de réellement observer à travers les multiples gouttes qui tombaient du ciel autour d'eux. Le vent redoublait la puissance du déluge qui s'abattait sur eux. Et Daniel aussi trempé qu'elle, le fut bien pour la première fois de son existence. L'eau n'avait jamais autant déferlé sur son corps. Et lui aussi s'en sentait gêné, car ce n'était ni chaud ni agréable.

Parce que j'assume désormais le poids de mes actes. Et j'ai assez crié, déclara-t-elle non sans se déparer de son sourire. Elle fit un nouveau geste pour dégager de nouvelles larmes.

Daniel considéra la réponse avec attention. Sans doute la colère donnait-elle se résultat de larmes. Elle avait assez exprimé sa rage, pour qu'ensuite elle en soit libérée. Il comprit, dans un sens. Un trop plein d'émotions menait souvent à ce résultat. Il l'avait déjà observé quelque fois. Mais à travers les yeux des Hommes, pour voir la Vérité, il n'avait jamais ressenti aucunes de leurs émotions, et parfois n'en avait jamais compris le sens… étrangement, il se demandait ce que cela pouvait faire. De ressentir une chose si intensément, capable de vous faire pleurer.

Daniel la vit soupirer alors qu'ils se dirigeaient vers un bâtiment en particulier. Il devina que c'était sans doute là leur destination finale. Entrant dans l'immeuble, elle lui fit signe de rester discret. N'ayant aucune inquiétude sur la nature de cet ordre, il se fit très silencieux. Ils grimpèrent en haut de marches, main dans la main, avant qu'elle ne la lâche une fois devant une porte d'entrée. Elle se pencha alors vers lui.

Il faut que je récupère mes clefs, murmura-t-elle, pour que ce soit assez audible pour lui. Elle glissa une main dans une poche de son manteau, qu'elle lui avait prêté.

Daniel était bien trop concentré sur son visage et ses expressions pour faire vraiment attention à ce qu'elle prit. Elle retourna vers la porte pour l'ouvrir avec la clef. Elle l'entraîna ensuite par le bras, alors que l'ange entendit une porte s'ouvrir un peu plus haut. Il y avait repéré tant de personne autour d'eux qu'il n'y avait pas plus attaché d'importance que cela, comparé à elle, qui se dépêcha de le faire rentrer pour ensuite fermer la porte à la hâte.  Alors qu'il essayait de reprendre équilibre après s'être fait tiré de force, Daniel se retourna vers elle et l'observa. Elle était dos contre la porte, soupirante, entrain de tenir un morceau de papier entre ses mains.

Enfin.

Un silence nouveau s'installa dans cette pièce inconnue de l'ange. Il commença à retirer le manteau trempé, venant en même temps donner un coup d'œil autour de lui. Il ne lui fallut que quelques secondes pour savoir l'utilité de cette pièce. Un léger sourire s'affichait une nouvelle fois sur son visage. Apprendre et vivre de nouvelle chose semblait finalement être d'une grande richesse pour lui. Il garda le manteau dans ses bras, ne sachant pas exactement qu'en faire, quoi qu'il était bien trop absorbé par ce qu'il avait autour de lui, et ne tarda pas à s'approcher des affaires que possédait Joah.

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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Mar 5 Sep 2017 - 20:52

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Après avoir retiré le manteau trempé de ses épaules, l’homme le déposa sur son bras, ne sachant pas réellement où poser le vêtement. Le tissu gorgé d’eau commençait à tremper le sol parqué de l’appartement, mais Joah ne s’en souciait pas. Sur le moment, cela pouvait se comprendre, mais de toute façon, jamais la jeune femme n’avait été maniaque. Il suffisait d’observer les alentours pour s’en rendre compte ; l’unique pièce, qui avait certainement été destinée à être séparée par des murs à l’origine, lui servait à la fois d’atelier et d’appartement. Les places à Londres étaient chères et ce n’était que grâce à l’héritage de son mécène que la danoise avait pu faire pareille folie. Les murs étaient d’une couleur grise, tirant sur le bleu pâle, assez neutres pour ne pas distraire un œil spectateur de l’ameublement de la pièce. Sur ces mêmes murs, de nombreux tableaux étaient accrochés, tous de la même main. A côté des paysages scandinaves se trouvaient quelques portraits, certains inachevés et laissés là jusqu’à qu’elle ait cet éclair d’inspiration qui la pousse à les finir, d’autres déjà vernis et encadrés. Ceux-ci étaient d’assez petite taille pour ne pas prendre toute la place, et restaient discrets. Il y avait un homme d’âge mûr, aux cheveux noirs et au sourire mystérieux et cynique. A côté, deux rouquins esquissés et peints à l’aquarelle, dont l’un ressemblait trait pour trait à la peintre. Si elle avait eu les cheveux courts, on aurait pu croire à un autoportrait.

Un grand chevalet trônait au centre de la pièce ; rangés le long des murs se trouvaient une commode et une bibliothèque. Au fond de la pièce, un paravent masquait en partie le large canapé et le tapis aux couleurs chaudes. La pluie battait avec rage contre la fenêtre, dont les volets avaient été peints en jaune par pure fantaisie. Au milieu de tout cela régnait un véritable capharnaüm, les pinceaux étant posés çà et là sur les meubles, sans réelle organisation, ainsi que les tubes de peinture qui, paradoxalement, étaient tous fermés avec soin. Le matériel était trop cher pour qu’il ne se perde. Seul un tube de magenta dérogeait à cette règle, oublié sur le sol, à côté d’un tabouret renversé. Une fois la lettre ouverte, la jeune femme était partie dans la précipitation. Sentant parfaitement que rester dans cet endroit avec la rage qui montait était la pire des idées.

S’avançant lentement à travers la pièce, la jeune femme posa tout d’abord la lettre sur la table qui se trouvait près du chevalet. Puis, silencieuse et forçant ses mouvements au calme, elle ramassa le tube de magenta et le reboucha, le posant aux côtés de la lettre. Comme un rituel destiné à la calmer, la rouquine s’employa à redresser le tabouret, tout près de ce plan de travail jonché de schémas, livres et documents en tous genres. Beaucoup se seraient excusés du désordre auprès de leur invité ; pas elle.

Enfin, Joah se retourna vers l’inconnu. Quel était son nom ? Il ne le lui avait pas donné, alors qu’elle s’était présentée. Cela était dérisoire, mais il était étrange de se référer à lui par le simple terme homme ou inconnu. Faisant un pas vers lui, elle prit tranquillement le manteau de ses bras, allant l’étendre sur une chaise. Le fait qu’il s’approche et manifeste une certaine curiosité pour ses affaires ne la dérangeait pas. Elle préférait cela à une personne immobile, trop intimidée pour faire le moindre pas.

Alors qu’elle baissait les yeux sur la chemise du brun, son état la frappa à nouveau. Comme un rappel, un instant oublié par le soulagement d’avoir rejoint son havre de paix. Il était blessé. Elle devait l’aider. Le soigner. Vite, la jeune femme se détourna de l’homme pour fouiller dans un recoin. Au milieu des boites –depuis quand avait-elle accumulé tant de choses ?-, la peintre trouva finalement l’objet de sa recherche. Un matériel de soins basiques, et des bandages. Elle en avait une certaine réserve. On aurait pu croire que c’était car elle se blessait souvent, mais leur but premier était d’aplatir sa poitrine lorsqu’elle revêtait ses vêtements masculins. Cela faisait très longtemps qu’elle ne s’était pas travestie, mais la jeune femme les gardait toujours en vue d’une éventualité. Les routes n’étaient pas sûres. Londres non plus. Elle revînt vers lui.

« Puisque vous ne semblez pas vouloir répondre à mes questions… puis-je au moins avoir votre nom ? »

Elle eut un mince sourire, aimable. Se soucier de quelqu’un d’autre qu’elle-même avait un effet calmant. Cela la forçait à mettre de côté la rancœur dans son esprit. De ne se concentrer que sur ce qui était important ; lui. Ses blessures.

« Je vais vous soigner. Enfin. Essayer, en tout cas. Je ne suis pas médecin. » Un soupir. « Mais je peux tenter de faire quelque chose. »

Elle remonta ses manches trempées. La douleur dans son poing était toujours bien présente, mais c’était une chose dont elle s’occuperait plus tard. La jeune femme désigna le tabouret remit sur pieds. Pour qu’il y prenne place.

« Est-ce que vous avez quelqu’un qui se soucie de vous ? »

L’étrange inconnu était perdu et blessé. Savoir si quelqu’un, un proche, un ami, était dans les parages lui semblait être une question importante. Qu’il soit un criminel lui effleurait également l’esprit, mais il n’en avait pas l’air. Trop doux. Trop gentil. Trop craintif, plus tôt. Mais après tout, elle ne savait rien de lui.


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    « WATCH ME BURN. »

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Daniel
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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Jeu 7 Sep 2017 - 15:58

♪ Listen ♫

This Fire In Which We BurnJoah x Daniel
Daniel ne connaissait rien à l'Art. Il l'aurait volontiers avoué à l'artiste ici présente. Il n'avait jamais eu à avoir de goût. Encore moins en ce qui concernait la peinture. Certains anges, surtout les anciens humains réincarnés, était beaucoup plus sensible à ce concept. Lui, il ne l'avait jamais réellement compris, mais concevait que pour les Hommes, il était parfois essentiel. Faisait partie de la culture. Ne pas avoir de réel avis sur la question ne l'empêchait pas pourtant de reconnaître les capacités dont elle faisait preuve et la technique de son coup de pinceau. Après avoir fait le tour rapide de toutes ces affaires laissés là, il s'était rapproché des tableaux sur le mur. Elle avait dès lors enlevé son manteau des bras, sans qu'il n'y fasse guère attention, absorbé par son analyse.

Puisque vous ne semblez pas vouloir répondre à mes questions… puis-je au moins avoir votre nom ? , fit-elle remarquer judicieusement avant de redemander.

—  Daniel. Mon nom est Daniel . Il avait du mal à retirer son regard des tableaux. Il savait que cela représentait sans doute beaucoup pour elle. Et il essayait de comprendre. Il arriva finalement à jeter un coup d'œil vers elle. Elle avait trouvé de quoi le penser et redressa le tabouret.

Je vais vous soigner. Enfin. Essayer, en tout cas. Je ne suis pas médecin. Mais je peux tenter de faire quelque chose.

Elle remonta ses manches. Elle semblait en effet très accablée de ne pas avoir les compétences pour le soigner. Il voulait réellement lui avouer, qu'il avait une régénération hors du commun, et qu'elle n'était pas obligé. Mais s'il lui disait, elle poserait alors beaucoup plus de questions. Devrait-il réellement lui dire ? Il se rapprocha du tabouret, cette question en tête.

Est-ce que vous avez quelqu’un qui se soucie de vous ?

Et cette question fut vite remplacée par une suivante. Il n'était encore moins certain de la réponse. Il connaissait des anges sur terre. Pas encore au courant de ce qu'il s'était passé. Cela n'allait pourtant pas tarder. Peut-être même qu'il serait recherché. C'était donc une très mauvaise idée… pas vrai ?

Il y a vous.

Se dire qu'au moins une seule personne se souciait de sa santé, en cet instant, était beaucoup. Bon. Il y avait aussi peut-être la personne qui l'avait arraché du paradis pour l'amener sur terre. Mais pouvait-on dire que c'était pour le sauver de l'enfermement ? ou pour l'amener à plus grands ennuis ? Il n'en savait pour le moment rien. Et se poser autant de question n'était peut-être pas le bienvenu.

Il se posa sur le tabouret comme demandé, venant déboutonner sa chemise détrempée, regardant simplement la pluie battante sur les fenêtres.

Ne vous en faites pas pour moi. Mais c'est très charitable à vous de vous inquiéter pour votre prochain.

D'un geste lent, il essaya d'enlever les manches, mais il grimaça rapidement avant de geindre, en se rendant compte qu'il ne pouvait le faire sans contracter les muscles, étirant les plaies d'avantage. Il sentit un nouveau filet de sang couler le long de son dos, et entendit les gouttes sur le parquet. Il baissa légèrement la tête, s'arrêtant dans ses gestes.

Je suis désolé… pouvez-vous … m'aider, s'il vous plait.

La douleur devenait de plus en plus insoutenable.


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"Do not take revenge, my dear friends,
but leave room for God’s wrath, for it is written:
“It is mine to avenge; I will repay,” says the Lord."
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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Mar 12 Sep 2017 - 10:43

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« This fire in which we burn »
Your only problem, perhaps, is that you scream without letting yourself cry. F. Nietzsche
« Daniel. Mon nom est Daniel. »

A ses mots, Joah tourna de nouveau son visage vers l’inconnu… Daniel. Il semblait avoir été pris dans l’étude des tableaux accrochés aux murs. Comme s’il les analysait. La jeune femme espéra un instant qu’il ne pose pas trop de questions quant aux portraits… le simple fait de voir le crayonné de Jørgen lui pesait. Non. Il ne fallait pas y penser, pas maintenant. C’était fini. L’important était Daniel, désormais. Celui-ci s’était assis désormais, suivant sa demande. Sa réponse à la seconde question de la danoise ne fit que l’inquiéter plus.

« Il y a vous. »

…était-elle donc la seule à se soucier de lui ? Ses réponses vagues lorsqu’elle l’avait interrogé sur sa situation la laissaient à penser qu’il n’avait personne, ou bien que ses possibles amis ou sa famille ne soient trop loin pour qu’ils puissent l’aider. Sa solitude était-elle liée à ses plaies ? Sûrement. Son visage était tourné vers la fenêtre, désormais. Regardant la pluie.

« Ne vous en faites pas pour moi. Mais c’est très charitable à vous de vous inquiéter pour votre prochain.

Encore ces mots. Ne pas s’inquiéter. Cela finissait par revenir comme une litanie, chez lui. D’expérience, elle savait très bien que cette demande signifiait exactement qu’il y avait lieu de s’inquiéter. Elle soupira.

« Arrêtez de dire ça. "Ne vous inquiétez pas". Vous n’avez donc aucune crainte vous concernant ? Moi si. Vous êtes blessé. Je ne sais pas ce qui vous est arrivé, mais vous semblez craindre de m’impliquer dans quelque chose. » Elle fouilla dans le matériel de secours. « Concentrez-vous sur votre propre guérison. Je saurais gérer mes problèmes. »

Alors que Daniel gémissait de douleur, Joah se tourna précipitamment vers lui. Avant de comprendre. Il avait tenté d’enlever lui-même sa chemise ; étirant encore plus ses plaies. En voyant les gouttes tomber sur le parquet, elle mordit sa lèvre inférieure. Cela semblait loin d’être superficiel. Comment avait-il pu marcher, blessé de la sorte ?

« Je suis désolé… pouvez-vous… m’aider, s’il vous plait. »
« Ne bougez pas. »

Saisissant le tissu trempé par la pluie, la boue et le sang, la peintre le fit glisser le long de ses épaules, prenant garde à ne pas solliciter les muscles du brun. Lorsque le vêtement reposa entièrement entre ses mains, dévoilant le dos maculé de rouge, la jeune femme inspira longuement, calmant sa respiration. Se redressant d’un bond, la rouquine se hâta vers un coin de la pièce, prenant dans ses bras une pile de serviettes. Après un bref moment d’hésitation, elle saisit sur son passage un chiffon et une bouteille d’akvavit. Revenue aux côtés de l’homme, Joah lui tendit la bouteille, débarrassée de son goulot, posant le tissu blanc à côté. Elle s’était débarrassée de son vêtement, irrécupérable.

« Buvez ça. Ca rendra la douleur plus supportable. Et… » Elle désigna le chiffon. « Je suis désolée de vous demander ça. Mais vous ne devez pas faire de bruit. »

Qu’il morde le tissu l’empêcherait de geindre, lorsqu’elle le soignerait, mais aussi de mordre sa propre langue sous le coup de la douleur. C’était un coup à tuer un homme. Et au vue de la profondeur de ses blessures… elle n’allait pas tenter le coup. De plus, alerter les voisins à une telle heure serait la pire des idées. La peintre n’avait pas besoin d’avoir la police frapper à sa porte, alors qu’un homme blessé se trouvait dans son atelier, et que l’odeur du sang embaumait la pièce. Et elle supposait que lui préfèrerait garder une certaine discrétion.

Prenant l’une des serviettes gorgée d’eau, elle s’appliqua à nettoyer son dos afin de découvrir la blessure dans son intégralité. Son souffle se figea un instant, alors que les yeux gris de la jeune femme s’écarquillaient. Si la vue du sang était loin de la faire défaillir, c’était bien la violence des deux entailles qui l’impressionnait. Comme si on avait cherché à arracher quelque chose à sa colonne vertébrale… Joah trempa une compresse, avant de l’approcher de l’une des épaisses lignes écarlates. Murmurant, avant de s’atteler à les désinfecter :

« Je suis vraiment désolée. »

Elle n’avait pas de connaissances en médecine, mais en savait assez pour nettoyer, recoudre, et panser.



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Message Sujet: Re: This fire in which we burn [Daniel] Hier à 15:32

♪ Night Thunderstorm in the City with Rain♫

This Fire In Which We BurnJoah x Daniel
— Ne bougez pas.

A cet ordre, il n'osa plus bouger en effet. Jamais il n'avait dû faire face à une telle douleur. A vrai dire, il n'avait jamais connu de blessure. Il se sentait faible, si fragile, comparé à ses frères. Pas même une coupure. Ce n'était pas un soldat. Bien qu'il aurait volontiers voulu l'être parfois. En encore plus dans ces circonstances. Non … il ne devait pas se laisser aller à l'Envie. Jamais. Dos à elle, il sentit en effet la chemisée trempée glisser doucement le long de ses épaules, pour se défaire. Elle était plutôt douce et délicate dans ses mouvements, il put avoir un peu de répit et souffler un instant.

Il redressa légèrement sa tête, venant à nouveau regarder les tableaux sur le mur, alors qu'elle était partie chercher à nouveau du matériel, sans doute. Lorsqu'il la vit revenir du coin de l'œil, cette fois il se tourna vers elle aussitôt. Il regarda ce qu'elle lui apportait, venant saisir la bouteille qu'on lui tendait. Il l'observa ignorant bien ce qu'il pouvait se trouver à l'intérieur.

—  Buvez ça. Ça rendra la douleur plus supportable. Et… Je suis désolée de vous demander ça. Mais vous ne devez pas faire de bruit.

Daniel observa alternativement la bouteille dans sa main et le tissu qu'elle lui désignait. Il lui fallut un certain temps pour tout assimiler. La raison pour laquelle il ne fallait pas qu'il fasse de bruit était la même qui les avait obligés à se faire très silencieux quand ils étaient rentrés. Il comprit ses raisons. Et c'est pourquoi il les accepta. Bien qu'en réalité, il n'avait que très peu de choix.

Daniel s'occupa de boire des gorgées du contenu de la bouteille, ignorant toujours ce que cela pouvait être exactement, sans qu'il ne sente même le moindre goût. Il avait en réalité l'impression de boire de l'eau. Mais il ne pensait pas que s'en était … sinon elle n'aurait pas dit que cela aiderait à supporter la douleur.

Il reposa la bouteille sur le sol à ses côtés, avant de prendre le chiffon, et le tordre un peu pour ensuite le caler entre ses dents. Le temps qu'elle lui nettoyât le dos, ce n'était pas encore devenu trop douloureux pour lui, bien qu'il eût l'impression que ses chairs à vif étaient en feu. Arriva pourtant bien vite le moment où elle s'attaque aux plaies directement.

—  Je suis vraiment désolée.

Daniel serra les dents. Malgré la douleur, il se demanda combien de temps elle tiendrait encore, avant de lui poser de nouvelles questions. Ces plaies n'étaient pas anodine. La profondeur non plus. Elle comprendrait sans doute, sans réellement se l'avouer ... il ignorait si elle avait des croyances. Mais ce qu'elle avait sous les yeux soulèverait n'importe quelle interrogation. Il préféra se concentrer à ne pas faire de bruit ...
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♪ Mountains of the Moon - Bayou♫


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