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Ashes to ashes [Grell Sutcliff]

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Joah Andersen
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Message Sujet: Ashes to ashes [Grell Sutcliff] Jeu 3 Aoû 2017 - 20:06

/!\ Ce post comporte une brève description d'un homme mort. je vous préviens par précaution, mais ce n'est pas grand chose. '-'


Ashes to ashes
ft. Grell Sutcliff

Une touche écarlate vînt enflammer la tenture, ne faisant que plus ressortir les yeux pâles de l’homme qui se tenait devant. Son air grave et serein semblait sorti d’un autre temps, le visage entre deux âges de l’aristocrate empreint d’un calme que rien ne semblait perturber. C’était quelque chose d’assez rare pour permettre à la jeune danoise de l’apprécier. Cette tenue, cette gravité dans le regard, était quelque chose qui l’avait immédiatement séduite chez ce modèle. L’homme ne parlait pas ; aucun besoin, pour lui, de tenir une conversation stérile avec la jeune artiste qu’il employait. Ce silence relevait indéniablement d’un certain dédain ; était-ce en raison de son métier, ou de son sexe ? Peut-être un peu des deux, après tout. Dans tous les cas, jamais l’aristocrate n’avait formulé d’opinion quand à cela, et ce silence, Joah l’appréciait, quelles qu’en soient les raisons. Elle se fichait pas mal de son opinion sur elle, après tout. L’artiste était venue ici pour peindre ; pas nouer une amitié.

Un peu d’orange s’ajouta, par petites touches, faisant miroiter les pans du tissu. Un mince sourire, rare lorsqu’elle travaillait ainsi, était venu étirer les lèvres de la jeune femme. L’après-midi était idéale ; une certaine fraicheur venait des larges fenêtres restées ouvertes, rien à l’extérieur ne venant troubler la quiétude. Isolé en campagne, le petit manoir de son client était bordé d’arbres, et entouré par un large jardin parfaitement entretenu. C’était un cadre dans lequel elle se plaisait à travailler. Loin de la ville et du bruit incessant.

Perdue dans sa toile, seule une sourde douleur à la main droite parvenait à la faire sortir de sa transe, lorsqu’elle l’utilisait pour relever un peu sa palette. Le bandage pansant la plaie était serré, mais les bleus prenaient du temps à guérir. Souvenir de cette soirée, dans cette ruelle, et de cette lettre accablante. Non. Elle ne devait pas y penser.

Plus Joah avançait dans sa nouvelle vie à Londres, et plus il lui semblait être rattrapée par le passé. Cela avait commencé avec cette lettre ; désormais, elle réussissait à discerner beaucoup trop de figures familières dans des visages pourtant inconnus. La dernière nuit, passant devant l’unique miroir de son atelier, il lui semblait que son cœur allait cesser de battre. Ayant alors attachés ses cheveux, et avec cette chemise masculine, elle était la copie parfaite de son frère. Elle avait fixé ses propres yeux gris pendant de longues minutes. Le regard hagard, et étrangement accusateur.


Une quinte de toux la sortie une fois de plus de sa transe. Joah fronça légèrement les sourcils, contrariée, ne levant pas les yeux de sa toile et continuant son labeur. Une seconde, plus virulente. Elle entendit l’homme se lever, et s’apprêta à lui demander d’un ton agacé s’il souhaitait faire une pause. Finissant par se détacher de son travail, ses yeux s’écarquillèrent alors qu’elle remarquait l’expression souffrante de l’aristocrate. Ses traits d’ordinaire impassibles étaient crispés dans une pure agonie. Jamais Joah n’avait vu de personnes mourir. Un instant, elle se figea. Cette douleur omniprésente dans son attitude…  c’en était presque fascinant.

Sortant presque aussitôt de sa transe, la jeune femme remarqua un détail ; il se tenait l’épaule. Elle était suffisamment informée pour reconnaitre ce signe, associé à ses paroles incohérentes. Se précipitant vers lui, faisant tomber la palette qui tacha le sol de sa peinture encore fraiche, Joah se figea presque aussitôt en le voyant agripper un meuble, tirant le napperont posé dessus… et faisant ainsi tomber à terre le lourd vase de cristal qui reflétait la lumière. Dans un bruit odieux, le précieux matériau se brisa, et le cœur de la jeune femme rata un battement.


Personne ne vînt. L’aile du manoir était reculée, et à cette heure, aucun domestique n’osait venir déranger leur maitre et l’artiste. Joah resta immobile, les lèvres entrouvertes dans un cri qui se refusait à sortir, les yeux écarquillés. Devant elle, l’eau du vase glissait sur le parquet, une couleur rougeâtre la gagnant peu à peu. Des éclats de cristal étaient éparpillés autour de cette scène morbide, le corps de l’homme ne bougeant désormais plus. Le verre enfoncé dans son corps lors de la chute anéantissait toute chance pour lui de respirer à nouveau.

Il était mort.

« Åh gud. »

Pourquoi ces souvenirs refaisaient-ils surface ?

« Oh mon dieu. »

Elle, plus jeune. Des cris. Des pleurs. Un corps inerte.
Le seul homme qui ait jamais compté.

« Mr Greywood… »

Elle s’approche. Se penche. Son bandage est vite souillé. Elle tente de le secouer.
Rien n’y fait.

L’expression de Joah reste figée. Semblable à celle du mort.

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Message Sujet: Re: Ashes to ashes [Grell Sutcliff] Lun 7 Aoû 2017 - 11:56

Il frappa de la pointe du pied dans un petit caillou qui rebondit encore et encore. Puis il recommença son manège, maltraitant ce pauvre caillou qui décida brusquement d’aller voir sur un autre chemin si l’herbe était plus verte. Poussant un petit soupir de frustration il leva les yeux sur l’horizon. Cela faisait un long moment qu’il marchait à la recherche de son prochain client, dont il avait oublié le nom et l’adresse précise.

« Fichu calepin… »

Il poussa un nouveau soupir en pensant que décidément, on ne se rendait compte de la valeur des choses qu’une fois qu’elles avaient disparue. Après le fiasco de la cafétéria, il avait été envoyé en mission, seul (la dernière fois qu’il avait vu son apprenti, il s’était brouillé avec et depuis il n’avait pas pris la peine de le recontacter), sans son calepin et ne parlons pas de sa faux. Sous sa chemise un large hématome s’étalait, résultat de sa dernière altercation.  Vous l’avez compris, il n’était pas au meilleurs de sa forme, et en conséquence son humeur s’en ressentait.

C’était une mission classique, une mort banale et peu dangereuse. Il ne s’inquiétait donc pas plus que cela de la tournure des événements. Avec un peu de chance il terminerait assez tôt et il aurait une heure ou deux pour pouvoir souffler tranquillement loin de toutes ces petites choses qui étaient en train de lui pourrir la mort.

Il fit un effort de mémoire, ce n’était pas professionnel que d’arriver chez quelqu’un sans en connaître le nom. Surtout lorsque l’on était la dernière personne vivante que l’autre verrait.  Impossible. Sa mémoire était bien trop encombrée. La preuve étant que cela faisait des semaines qu’il n’avait pas rêvassé de son ténébreux démon se battant avec son supérieur glacial pour son amour. S’il n’arrivait plus à penser à ses amours, c’est que la fin du monde était proche.

Une moue contrariée sur les lèvres il s’approcha enfin du manoir. Avant de quitter la dispatch, il avait dû retenir les informations de sa mission qui étaient inscrites sur le grand tableau blanc (ce tableau où tout le monde pouvait voir si vous aviez un travail de qualité où juste les restes, le truc que personne ne veut faire). Puis il avait cherché sur une carte la localisation exacte de l’endroit où il devait se rendre. Il s’approcha, escomptant sur la boite aux lettres pour lui donner la précieuse information…

Il s’arrêta un moment dans le jardin, après tout il était en retard et l’autre devait être mort depuis un moment maintenant. Et si la mort déteste attendre, il était l’un des rares qui se permettait cet affront. Elle et lui c’était une grande histoire. Ce fut donc quarante-sept minutes et trente secondes après la mort qu’il franchit la fenêtre, une rose rouge à la main en une pirouette digne du lac des cygnes.
Une entrée formidable.

Si ce n’est que la fenêtre était fermée et qu’elle fut donc brisée en un millions de petits éclats qui allèrent rejoindre ceux déjà présents sur le sol. Pour la discrétion on repassera. Sitôt la roulade terminée, ce fut un tourbillon rouge qui se redressa, rajustant sa coiffure et sa veste en commençant son petit discours.

« Blablablabala…Sir je ne sais qui puisque vous n’êtes pas fichu de mettre votre nom sur votre boite aux lettres vous avez l’infime que dis-je le sublime honneur d’être mort et…. »

Tout en parlant, il sautillait dans la pièce, observant le reflet de la lumière dans les éclats de verre, le sang qui n’avait pas tellement coulé (quel dommage que sa death scynthe ne soit pas là), les tentures et le luxe exagéré de la pièce. La suite se perdit dans un bâillement alors qu’il remarqua enfin deux choses.

La première ce fut une grande toile, très grande sur laquelle était représenté un portrait.

La deuxième…il n’était pas seul dans la pièce.

Son bâillement fut coupé net et sa mâchoire protesta vigoureusement alors que ses yeux se posaient sur les trois acteurs de la pièce. Une femme, un tableau et un cadavre. Il y aurait de quoi écrire un huis-clos pour le moins intéressant.

Penchant la tête sur le côté, il s’approcha de l’humaine. Enfin..il supposait qu’elle l’était. Habituellement, les shinigamis ne devaient pas être vu des humains lorsqu’ils étaient en mission. Mais il n’avait jamais fait dans l’habituel et ce n’est pas aujourd’hui qu’il commencera.
Remarquant l’apathie de la demoiselle, il haussa un sourcil moqueur avant de secouer la main devant ses yeux.

« Je me suis peut-être trompé finalement….c’est vous le mort ? »

Ou alors c’était l’assassin. Mais dans ce cas elle avait encore beaucoup à apprendre. Déjà on ne reste pas sur les lieux de son crime si longtemps, surtout quand il n’y a pas de sang qui coule. Et puis, il manquait un peu de cachet à cette mort, il y avait pourtant tout ce qu’il fallait, un lieu isolé, une personne de haut rang et de quoi rendre la chose attirante. Probablement même faire la une des journaux.
Se reculant il posa la main sur son menton…faisant une moue ironique.

« Ou alors vous êtes l’assassin. »
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Message Sujet: Re: Ashes to ashes [Grell Sutcliff] Ven 11 Aoû 2017 - 13:59


Ashes to ashes
ft. Grell Sutcliff

Le verre éclate. Des milliers de fragments se répandent sur le sol, dans un bruit assourdissant. Certains volent plus loin que d’autre, viennent effleurer le cadavre déjà roid.

Depuis combien de temps est-elle restée figée ainsi, à le fixer ?

Le vacarme du verre brisé ne lui arrache aucune réaction, si ce n’est un faible tressautement. Les yeux de Joah sont incapables de se détacher du corps sans vie. C’est donc cela, la mort ? Dans toutes ses idéalisations, celle-ci revêtait un manteau tragique, héroïque voire dramatique ; mais ici, elle n’a été provoquée que par un vulgaire concours de circonstance. Rien d’épique dans cette bouche ouverte, ces mains tordues. C’en est décevant. Mais fascinant également, dans un sens. Mais au-delà de ces deux considérations, l’émotion qui habite la danoise est la stupeur.
Jamais n’a-t-elle côtoyé la mort de si près.

« Blablablabala…Sir je ne sais qui puisque vous n’êtes pas fichu de mettre votre nom sur votre boite aux lettres vous avez l’infime que dis-je le sublime honneur d’être mort et…. »

Une voix d’homme, un bâillement. Le tremblement qui avait pris les mains de Joah cesse immédiatement. Elle se fige. Qui ?... elle ne comprend pas. Pourquoi arriver de la sorte ? Il semble connaître le mort. Du moins, avoir eu connaissance de son décès avant d’arriver. Comment peut-il être si exubérant, tout en toisant le cadavre ?

La rouquine reste immobile. Son cœur s’affole dans sa poitrine. Peu à peu, les traits du corps sans vie semblent se tordre devant elle ; les cheveux gris prendre une teinte noire, le visage s’allonger, jusqu’à ce que… non. C’était un tour de son imagination. Celui qu’elle croyait revoir était enterré depuis longtemps. Son expression reste figée. Atterrée. Elle ne comprend pas les conséquences, pas encore. Tout porte à croire qu’elle l’a tué. Pourquoi ne pas avoir appelé d’aide ? Même elle ne saurait totalement l’expliquer. La fascination. Puis la stupeur. Maintenant, l’homme agite une main devant ses yeux, cherchant à la faire réagir, certainement. Du coin de l’œil, elle remarque l’éclat de sa tenue et de ses cheveux écarlates. Combien de temps encore cette couleur la hantera-t-elle ?

« Je me suis peut-être trompé finalement…c’est vous le mort ? »

La voix est moqueuse. D’ordinaire, les yeux gris de la jeune femme lui auraient lancé un regard amusé, une réplique acerbe sortant de ses lèvres. Mais là… ses mains sont tâchées de sang, et douloureuses d’avoir trop secoué la forme roide.

« Ou alors vous êtes l’assassin. »

A cela, son souffle se fige un instant. Les épaules déjà raides de la jeune femme tressaillent. Doucement, elle relève le visage. Regardant dans le vide, tout d’abord, puis la forme qui se tient devant elle. Il est grand, arrêté dans une attitude théâtrale. Sa moue est ironique. Il semble la moquer. Elle ne comprend pas. Le cadavre ne semble pas l’importuner. Il parle comme si celui-ci n’avait aucune importance ; comme si elle était bien plus distrayante que cette chair morte. Ses lèvres rouges s’entrouvrent un instant. Se referment. Sa gorge est sèche, nouée.

« Non. »

La réponse est claire. Ferme. Il a toute son attention, désormais. La jeune femme a l’air hagard. Elle retire ses mains posées sur le sol souillé. Regarde un instant la peinture séchée, qui s’est mêlée au sang. Puis l’homme. A nouveau. Ses yeux si particuliers. Elle s’arrête un long moment dessus, s’y perd. Ces yeux… l’un de ses clients avait le même regard ; quel était son nom, déjà ? …Aucune importance. Elle se souvient seulement de cette couleur si particulière.

L’odeur métallique du sang la fait sortir de ses pensées. La peintre en prend enfin conscience. Elle grimace, secoue la tête.

« Aid-… »

Sa voix se fige immédiatement. Demander de l’aide ? Non. Qui est-il, pour commencer ? Un voleur ? Un assassin ? Son regard change légèrement, en fixant l’inconnu. Plus méfiant. Elle revient à elle-même, doucement.

« Non. Qui êtes-vous ? »

Son dos courbé se redresse. Machinalement, elle essuie ses doigts sur le chiffon attaché à sa ceinture. Puis elle s’efforce de le fixer, malgré les battements erratiques de son cœur. Enfin, elle réalise.

Le sang séché sur ses mains. Le cadavre devant elle.
Cet homme étrange.


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Message Sujet: Re: Ashes to ashes [Grell Sutcliff] Lun 14 Aoû 2017 - 13:38

Il adorait ça. Ce moment où l’autre prend conscience de la fin. Cet ultime sursaut de vie, dans laquelle se meurt le dernier espoir. Puis la fin. Il aimait être présent, voir dans leur prunelle la peur souvent, l’apaisement plus rarement. Mais toujours, toujours ce petit espoir que tout ceci n’est qu’une erreur. Un mauvais rêve.


C’était exactement ce que cela devait être. Un rêve duquel on ne se réveillait pas.


Cette fois-ci pourtant, il était arrivé trop tard. Le mort était déjà froid quand il fit son entrée. Autant dire que l’espoir avait depuis longtemps quitté la pièce. Ce qui était pour le moins frustrant. S’il loupait à chaque fois l’instant crucial où ils passaient l’arme à gauche, non seulement il ratait le plus beau du spectacle mais il se mettait également en danger. Certaines lanternes risquaient de devenir agressives, de s’éprendre de liberté s’il mettait trop de temps à les capturer.


Encore un problème auquel il devra faire face. Plus tard.


Car pour le moment sa curiosité était piquée.


C’était une belle femme. Il n’était pas assez jaloux pour le nier. De ce qu’il pouvait voir elle semblait jeune et avait des cheveux à faire damner un saint. Un regard sur ses mains, couvertes de sang et d’une autre substance qu’il peina à identifier. Ce ne fut que lorsqu’il aperçut le chevalet que la lumière se fit enfin.


Ce n’était pas une fille de joie. Le vieillard n’était pas mort d’un excès de bon temps. Il était mort bêtement, probablement un arrêt du cœur. Sa fierté l’aura empêché de bouger pour avoir le meilleur portrait de lui possible, il n’aura pas demandé de pause et sera tombé. Enfin qu’importe, même s’il avait stoppé un instant l’artiste dans son œuvre, il serait mort tout de même.
Quand l’heure était venue, il n’y avait rien qui puisse empêcher la mort de prendre son dû.


« Non. »


Son visage se tourna vers l’être qui était finalement vivant. Il haussa un sourcil intrigué devant sa réaction face à la mort. Une femme…habituellement les femmes étaient beaucoup plus démonstratives, même lorsqu’il ne s’agissait pas de quelqu’un de proche. Il y avait, sinon des cris, au moins des larmes, une émotion. Il ne ressentait pas vraiment ce genre de chose émanant d’elle.


Il ne répond pas. Se contente de sourire devant cette réponse. Sourire qui s’élargit lorsqu’il entendit la suite des propos de la femme.

«
 Aid-… »


De l’aide ? Pourquoi faire ? La seule personne qui aurait pu faire quelque chose ici c’était elle. Mais elle n’avait rien dit, rien fait. Il retînt un ricanement, que voulait-elle vraiment ? Ramener l’homme à la vie ? Peut-être qu’elle n’avait pas été payée, où que le portrait n’était pas terminé.


Il délaissa son observation de la scène. Sautilla en direction du chevalet et une nouvelle fois attrapa son menton entre son pouce et son index, en détaillant l’œuvre inachevée. C’était un beau résumé de la vie de ces hommes, une œuvre qui pourrait être tellement belle, mais qui ne serait jamais achevée.

« 
Non. Qui êtes-vous ? »


Il ne prend pas la peine de la regarder. Ses yeux sont toujours attirés par la toile. Il observe à nouveau le corps, allant jusqu’à se pencher au-dessus de son visage sans se soucier de marcher dans le sang qui coagule lentement. Son sourire moqueur ne l’a pas quitté un seul instant. Finalement, il retourne à côté du tableau.


« La seule personne qui aurait pu l’aider c’était vous. Et vous ne l’avez pas fait. »


Il posa une nouvelle fois les yeux sur elle. Recherchant son regard. Il y avait toujours cette lueur moqueuse qui y brillait, alors qu’il ajusta ses lunettes sur son nez. Il désigna l’œuvre d’une main, et le cadavre de l’autre en faisant une moue dubitative. Comme s’il était vraiment désolé.


« Je ne trouve pas beaucoup de ressemblance. C’est peut-être pour cette raison qu’il s’en est allé. »
Restant près du tableau, il lui fit un petit clin d’œil assorti d’une pirouette. Il adorait se présenter, il avait l’impression ainsi de toucher un peu à cette célébrité qui lui était toujours refusée. Levant les bras au ciel comme Juliette lorsqu’elle découvrit Roméo étendu sur le sol (à moins que ce ne soit l’inverse) il déclama.


« Grell Sutcliff. Je suis la mort. J’admets que cette fois-ci je suis un peu en retard mais le résultat est quand même là non ?  »
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Message Sujet: Re: Ashes to ashes [Grell Sutcliff] Aujourd'hui à 11:42


Ashes to ashes
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Joah reste figée. Atterrée. Est-elle trop choquée pour ressentir une quelconque émotion, ou bien est-ce cet étrange détachement qu’elle semble avoir vis-à-vis du cadavre qui t’atterre ? L’horreur ne l’a habitée qu’un bref instant ; lorsqu’une figure familière a semblé se superposer sur le visage du défunt. Mais désormais… ce n’est qu’un corps roid et laid. Sa mort a été ridicule et le cadavre lui semble grossier. La jeune femme ne parvient plus à déceler l’éclat qui l’avait attirée dans cette masse de chair inerte ; la mort a tout emporté. Est-elle seulement humaine pour ne ressentir qu’une amère déception à cet instant ? L’idée l’horrifie. Pourtant, beaucoup clament que nos réactions face à la mort peuvent souvent se révéler étrange ; mais jamais la danoise n’avait imaginé que ce sentiment puisse en faire partie. Sa première réaction face à la mort d’un être aimé, il y a deux ans de cela, avait été une peine fulgurante ; peut-être bien que celle-ci avait sapé le reste. Peut-être qu’elle avait trop pleuré son mécène pour pleurer une muse éphémère.

Et cet homme ? Au fil des minutes, l’intrus évolue sans peine dans la pièce, son pas conquérant semblant faire fit de la scène devant lui. Son sourire moqueur ne l’a pas quitté. Lorsqu’il se penche sur le cadavre, la jeune femme a un mouvement de recul. Puis il s’éloigne encore, retournant aux côtés du tableau qu’il observe avec intérêt. Le regard de Joah ne le quittant pas. Ses yeux étranges semblent comparer la figure fière inachevée et le cadavre déjà froid. Le sol est souillé, mais il ne semble pas s’en soucier réellement ; marchant dans le sang qui coagule comme s’il ne s’agissait que d’un filet d’eau claire.

« La seule personne qui aurait pu l’aider c’était vous. Et vous ne l’avez pas fait. »

A ses mots, il plonge son regard dans le sien. Il semble à la jeune femme que ses prunelles vertes et jaunes, si particulières, cherchent à l’hypnotiser. Un moment, elle reste happée par son regard. Les battements erratiques de son cœur se sont accélérés. Ses reproches ne lui font pas baisser la tête, cependant. Ce qu’il dit est vrai. Elle l’assumera. Il y aura certainement des conséquences, une fois que quelqu’un aura donné l’alerte. On lui reprochera son silence. On lui demandera de l’expliquer.
Mais pour le moment, personne n’est venu. Il n’y a qu’eux deux.

L’inconnu pointe le tableau. Puis le mort. Une moue désolée aux lèvres. Mais il ne semble pas désolé pour le drame étant advenu. Plus pour l’aspect esthétique de la chose.

« Je ne trouve pas beaucoup de ressemblance. C’est peut-être pour cette raison qu’il s’en est allé. »

Ses lèvres s’entrouvrent, mais aucun son ne sort. Il semble vouloir parler, encore. Et quelque chose la retient de lui couper la parole ; comme si elle savait que la suite avait une importance primordiale. L’étrange individu aux cheveux si rouges qu’ils lui rappelaient les flammes lui adressa un clin d’œil, assorti d’une pirouette. Son attitude théâtrale aurait pu l’amuser, dans d’autres circonstances, mais ici elle ne faisait qu’ajouter à sa confusion. La scandinave avait besoin de contrôle ;  de pouvoir comprendre et définir ses interlocuteurs. Ici, elle n’y arrive pas. Tout cela est absurde. Il y a un cadavre, et un acteur de théâtre.

« Grell Sutcliff. Je suis la mort. J’admets que cette fois-ci je suis un peu en retard mais le résultat est quand même là non ?  »

….la mort ?
Joah se relève, lentement. Ses muscles endoloris lui font mal, mais elle finit par se redresser dans cette attitude qui la caractérise. Le dos droit, le menton haut ; fixant ce Sutcliff avec une intensité redoublée. Elle essuie une nouvelle fois le sang sur ses doigts ; celui-ci a séché. Ses mains sont rouges. Alors, ses lèvres s’ouvrent ; répondant à son reproche. Sa voix est basse, mais intelligible.

« Qu’est-ce que je vaux, face à la mort ? »

Rien. La réponse est rien, et jamais n’aurait-elle pu l’empêcher de mourir. Lorsque vient la fin, cela est inéluctable. Son regard descend jusqu’au cadavre à ses pieds. Elle frissonne.

« …il lui ressemblait… mais… » Un soupir : « La mort a tout emporté. »

Son regard remonte jusqu’à ses yeux qui la fixent. Sa déclaration la laisse dubitative. Mais plusieurs questions se heurtent dans son esprit ; comment a-t-il pu accéder à cet étage ? Entrer d’une telle manière ? Pourquoi est-il si calme ? Elle ne sait pas quoi répondre. Elle ne sait pas ce que l’on dit, dans une telle situation. Face à un homme qui prétend être la mort.

« Le résultat ?... » La jeune femme bute sur le mot. Puis une ombre passe dans ses yeux gris. Elle murmure. « C’est laid. Grossier. Absurde. » Un silence. Un bref tremblement prend ses épaules. « Qu’est-ce que je dois dire ? » Son regard est fixé sur le sien. Il lui semble qu’un épais brouillard l’empêche de voir clairement. Penser clairement. « Vous allez m’emporter, moi aussi ? »

La question sonne comme un défi, malgré elle.



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